Nicolas Chardon, Damier, 2022
Photo : Paul Nicoué
Exposition
Gratuit
Peinture

Cold Wave Nicolas Chardon

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Date et heure du vernissage
Jeudi 9 juin, 2022, 18:00

Galerie Laurent Godin
36 bis rue Eugène Oudiné
75013 Paris
France

Des formes géométriques répétées constituent le vocabulaire primaire de nombreux arts : de l’architecture (frises, colonnes, tympans sont toujours identiques), du textile (les motifs imprimés, les pattern anglais), de la poésie (construit sur le refrain, la rime), de la musique, etc. En peinture, l’abstraction géométrique apparait au début du XXe siècle, avec les fulgurances de Piet Mondrian et de Kasimir Malevitch, qui répètent à leur tour : la grille pour l’un, le carré noir pour l’autre.

 

Le vingtième siècle a été celui de l’abstraction, que reste-t-il à en dire, à découvrir ? Nicolas Chardon respecte certains paradigmes de cette écrasante histoire : ne pas représenter, ne pas chercher à exprimer l’intériorité, travailler en série. Pour la série Cold Wave (du nom du mouvement post punk de la fin des années soixante-dix, aux sonorités industrielles et rythmes répétitifs), il limite, comme toujours, volontairement ses moyens : format carré, tissu à carreaux comme support, usage de la grille, du damier, couleurs restreintes au noir et blanc. Cold Wave propose un éventail de presque toutes les possibilités formelles déjà peintes par l’artiste, une sorte de best of, de medley, de rétrospective, montrant la diversité dans la contrainte.

 

L’artiste s’est imposé une règle supplémentaire comme fil rouge, ajouter 10 centimètres de côté à chaque nouvelle toile. On passe d'un tableau à l'autre et d'un motif à l'autre par des opérations simples d'effet de zoom ou de décalage latéral.

 

En 1998, Chardon a établi un principe qu’il suit scrupuleusement depuis : peindre en suivant la trame du support, et mettre ainsi en avant les particularités matérielles de l’œuvre, notamment les défauts d’agrafage, de tension. Il souligne la distance à jamais irréductible qui existe entre une idée et sa réalisation. Ceci génère des toiles aux lignes ondulantes, jamais parfaites. Cet écart entre la norme et son application est irritant, et en même temps constitue l’intérêt, l’identité de chaque œuvre.