Exposition
Gratuit
Huile
Lithographie
Monotype
Peinture
Performance
Photographie
Pochoir

Mysteries of Desire Adelaide Damoah

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Fondation H Paris
24, rue Geoffroy l'Asnier
75004 Paris
France

Adelaide Damoah présente l’exposition Mysteries of Desire à la Fondation H – Paris, du 13 mai au 30 juillet 2022. Mysteries of Desire succède aux deux premiers chapitres de sa série Radical Joy, ayant fait l’objet en 2021 d’une exposition à la galerie Sakhile & Me à Francfort, ainsi que d’une série de NFT créée à l’invitation de la maison de couture Carolina Herrera.

 

À la Fondation H – Paris, l’artiste britanno-ghanéenne déploie une installation composée de seize œuvres sur papiers, développées dans son studio londonien. Le processus créatif d’Adelaide Damoah, fastidieux et complexe, parfaitement maîtrisé tout en laissant une grande place au hasard, repose sur de multiples couches successives d’empreintes sur papier. D’abord à travers le trempage de papiers dans des bains de pigments et d’encres aux couleurs luxuriantes, puis le séchage dévoilant des successions de marques et strates, processus répété au minimum cinq fois pour chaque œuvre.

 

A chaque étape, l’artiste appose par ailleurs sur le papier devenu peau des empreintes plus personnelles, que ce soient celle de son corps dénudé, enduit de beurre de karité, d’un morceau de dentelle française faisant référence au monde de l’intime tout autant qu’à sa propre lingerie marquant le papier, ou de poèmes de l’artiste et écritures automatiques. Travaillant la nuit, l’artiste joue de la fluorescence des couleurs, qui se transforment nécessairement au séchage et émergent nouvelles à la lumière du matin. « Sans aucun descriptif de chacune de ces étapes, les anciens visages de ces peintures demeurent cachés, et connus seulement de l’artiste. Telles des passions secrètes. » comme l’écrit Dr Marie-Anne Mancio dans le texte qui accompagne l’exposition. « Même là où le texte laisse des traces dans la couleur, et guide littéralement le regard le long d’un parcours détourné soulignant les contours d’une partie du corps, il n’aboutit jamais à une conclusion narrative, mais évoque plutôt la nature du désir féminin. »

 

Un processus à la croisée de la peinture et de la performance, rappelant le travail de l’artiste français Yves Klein et ses Anthropométries inspirées des chutes de judoka sur le tatami, avec la dimension politique de l’œuvre de l’artiste afro-américain David Hammons, qui dans les années 1960-1970 créait des empreintes corporelles sur papier reflétant l’imagerie du Black Arts Movement, ou encore de l’artiste cubaine Ana Mendieta qui en 1982 réalisait Body Tracks, protestation contre les violences envers les femmes.

 

Présentée sur les deux niveaux de la Fondation H – Paris, les images ambiguës de Mysteries of Desire abordent les conflits internes associés au désir féminin, entre affirmation de soi et vulnérabilité. Adelaide Damoah conte, à partir de sa propre intimité, une histoire universelle féminine tout en ouvrant la discussion sur les stéréotypes sexuels féminins dans l’histoire de l’art, explorés par Dr Marie-Anne Mancio dans son texte La violence du ravissement devant l’être aimé. Adelaide Damoah donne à voir ici une autre lecture de l’érotisme.

Visite de l'exposition en photo
Mysteries of Desire de Adelaide Damoah
Vue d'exposition
Vue d'exposition
Vue d'exposition
Vue d'exposition
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La Fondation H