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mimouni

Son
histoire

NÉ LE 30 Octobre 1965
YEUX Bruns
TAILLE 1m78
 

L’artiste-peintre Miimouni est un tisserand de la couleur et du terroir. La genèse de sa peinture prend sa source dans l'univers marocain. Il transcende son attachement parce qu'il n'a pas rompu le lien. Quand bien même serait-il un voyageur sur d'autres rives. Le pays de lumière est une eau vive à laquelle le pinceau de l'artiste vole quelques algues laineuses au gré de l'instant et de l'impression qu'il veut fixer.
Lorsqu’on rencontre l’homme, on remarque le visage sans tourments, une lueur dans le regard qui vous dit combien il aime la vie avec ce qu’elle peut donner. Et même, quand elle ne veut pas donner. Ses mains à la gestuelle sereine révèlent, sans complètement livrer, un parcours qui a recueilli les perceptions intimes de l’être.
Malgré la gravité de ses thèmes, Miimouni fait surgir une splendeur de la couleur et exalte les murs. Le passant respire. Il savoure la calme plénitude se révélant à son regard. La beauté est là, à l’état brut, faite de ces matières qui sont notre quotidien et dont on oublie qu’elles sont aussi nos rêves.
Il est cet artiste-peintre que l’on dirait né dans la peinture dans toute sa plénitude et, de surcroît, de cette peinture comme habitée. Toute son œuvre est imprégnée de cette présence originelle frappante, tant est-elle munie de symbolismes aussi bien dans la technicité que dans le regard qu’il pose sur chaque chose, chaque instant, sur chaque pas qu’il fait dans la contemplation. Il n’est pas un mystique –du moins, ne le dit-il pas- mais la traversée de la « Conscience », l’intemporalité de la « Méditation » présupposent une seconde destinée se superposant à celle d’artiste-peintre.

Tournons un peu le regard sur son œuvre, sur ceux et celles qui hantent sa gestuelle d’artiste : nous sommes face à l’émotion pudique dans toute son expression.
Qu’importe qu’ils soient frappés du sceau du mutisme, les âmes dans l’œuvre de Miimouni entonnent hautement sur la toile leurs voix spectrales, fustigées, dépecées en vies éclatées, mortellement et à jamais figées dans leur histoire. Le peintre tisserand livre le long cheminement de tous ces spectres ô combien vivants dans sa peinture ! Un hommage instinctif par un artiste à qui tout parle, y compris ces Oubliés, ces estampillés de l’omerta carcérale.
Sur leurs chemins jalonnés d'incertitudes, ils viennent se laver à la source qui dit la langue libre. Ils ne désirent plus rien, ils ont tout appris, ils ont tout vécu, ils ont tout espéré. Au bout du parcours, ils s'en viennent par centaines, apposer leurs stigmates or/rouge, leurs voiles, leurs raisins de la colère, leurs veines battant du sang de la résurgence…
Voici que survient l’une de ces voix, à genoux comme en prière, imprimant ses pas sur le tracé de son pinceau, rendant vivant chaque grain de la toile, rêvant de regards qui ne se cachent plus sous le drapé de ces femmes marchant dans le carcan de l’interdit ou dans la passion fœtale. Couleurs déployées comme autant de corps dans l’espace qui déchire le cadre de la toile, offrandes sur l’océan de la douleur et du pardon. Comment ne pas s’arrêter à regarder muettement tous ces chants de l’Humanité ? Comment dire le tableau qui se suffit à lui-même quand l’artiste est en à rêver à tous ces autres langages recelés ?
Ne plus parler, ne plus dire si ce n’est que faire silence.
F. Chaim Allami
Journaliste, écrivain