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Bruno Mendonça

Son
histoire

NÉ LE 29 Novembre 1953 MORT LE 3 Novembre 2011
YEUX Bleus
DISTINCTIONS Joueur d'échecs hors norme.
 

Bruno Mendonça est né à Saint-Omer le 29 novembre 1953.
Installé à Nice dès 1961, il découvre alors "la colossale bibliothèque de sa grand-mère". Les livres ont d'abord une vocation fonctionnelle et lui servent d'escabeau mais c'est aussi tout un monde qui se présente à lui : l'Illustration, la Revue des deux Mondes, les Jules Verne de la collection Hetzel... C'est ensuite l'époque du lycée, l'entrée à Sciences Po... Un univers de connaissance qu'il quitte d'abord monter un groupe de musique puis pour devenir plasticien.

Tout va très vite pour Bruno Mendonça. Tout juste âgé de 20 ans, il expose Galerie Assotor en 1973. Trois ans plus tard, ce les premières performances... En 1981, il crée sa propre maison d'édition Utopie et réalise de nombreux ouvrages d'artistes, uniques ou en très petite série.

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1976, Exposition à la Maison des Jeunes et de la Culture de Magnan, Nice.

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1976, Accumulation aux gants

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateur : Bruno Mendonça
1976 | chez Philippe de Mendonça, Nice | Durée : 1:30 heure | Typologie lieu : atelier d'artiste/au domicile de

Description :
Bruno Mendonça se fait recouvrir d'une accumulation de paquets de Gitanes. Ce sont les cigarettes fumées par son père qu'il a conservé depuis 3 ans. Seule une main dépasse. Il la vêt successivement d'une vingtaine de gants différents, correspondant chacun à une fonction (gants de chirurgien, de ski, de moto etc.). Cette action s'inscrit dans la lignée des préoccupations propres au langage, au signe et au symbole qui émaillent l'œuvre de l'artiste. C'est ici une référence directe au langage des signes, aux moyens de communications donnés aux personnes handicapées. Cette performance a précédé celle qu'il exécuta à Saint-Jeannet intitulée enterrement. Elle touche aux mêmes thématiques : recouvrement, immersion, seconde peau.

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1976, Enterrement
Série : Performance In Situ

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateurs : Info Artitudes, Bruno Mendonça, Antoine Plutino | Témoins : Agence France Presse (AFP) , Antoine Plutino
1976 | Grotte de l'Hermitte, grotte, Saint-Jeannet | Durée : 76 heures | Typologie lieu : à la campagne

Contexte : Suite à l'exposition chez Antoine Plutino, aubergiste à St Jeannet

Description :
Dans une grotte à St Jeannet, 76 heures non-stop ont été utilisées, pour réaliser, 9 peintures (format 15F), 9 dessins-écritures et 9 heures enregistrées des moments où gestes, peintures, crayonnage, traçés du stylo Rotring sur le papier Vélin d'Arches (65 x 50 cm), le chant, le texte, le tout étant parfois mélangé, parfois dissocié pour produire des sons qui sont découverts à la sortie, comme les peintures, et les dessins.

Basée sur l'absence de lumière, cette expérience consistait à travailler dans le noir absolu. Les outils, sacs et seaux étaient équipés d'étiquettes en Braille pour dissocier un crayon H d'un crayon 3B. Les équerres, compas, me permettaient de me placer dans la toile et dans la surface de la feuille où les liquides (café, alcool, vin) ont été déposés et ont vécu leur vie (déplacements, dripings, coulées). 
Les peintures ont été réalisées avec trois sables (blanc, jaune, rouge) et associées à de la peinture à l'huile noire. Le tout mélangé, soigneusement. Des raclettes et couteaux m'ont permis de travailler dans le noir avec des chants, plus pour me réchauffer que pour la virtuosité de l'interprète!
Les dessins ont été accomplis avec une base HB et B sur laquelle est venue se calquer des écritures horizontales et verticales, soit au crayon H soit au Rotring.

Certains dessins ne sont constitués que de mots lâchés comme de la poésie sonore. La rencontre de la verticalité et de l'horizontalité donnera 2 dessins-écritures qui aboutiront à une série entre 1977 et 1983 dans laquelle le mot Fusion sera répété, croisé, 16 millions de fois sur des formats 65 x 50 cm et 110 x 75 cm.

Les neuf bandes sonores sont l'enregistrement des séances de travail. Un break d'environ une heure a été pris pendant les 76 heures. 
Des CRS envoyés par le Préfet, alerté par un article de presse, m'ont fait une petite visite surprise, et m'ont fini mon café.

La nourriture était rangée en cercles derrière ma zone de peinture-écriture: petit-déjeuners, déjeuners et dîners étant pris de façon aléatoire, car je n'avais ni lumière ni montre. 
L'économie des moyens, la concentration, la maîtrise des gestes a étonné plusieurs personnes, mais la mise en condition m'avait permis de réaliser de grandes pièces.

Ces pièces accomplies n'ont jamais été présentées.


Bruno Mendonça.

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1976, Galerie l'Art Marginal, Nice.

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1977, Maison des Jeunes et de la culture de Grasse.

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1977, Immersion de 9 toiles, Galerie de l'Art Marginal, Nice.

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateur : Bruno Mendonça | Témoins : Dany Raimond, Michel Raimond
1977 | Lac de Saint-Auban, Saint-Auban | Durée : 9 heures | Typologie lieu : à la campagne

Contexte : Exposition des toiles immergées à la Galerie l'Art Marginal à Nice.

Description :
Mise en place de 9 toiles, de format 30F, autour de la berge du lac de St Auban. Les toiles recouvertes d'un épais plastique transparent étaient fixées avec des tasseaux arrimés profondément dans le sol. Equipé d'une combinaison de plongée, j'ai installé les toiles à trois mètres de la berge, légèrement inclinées pour corriger la déformation produite par l'eau. De grosses pierres finalisaient la présentation de l'Installation. 
Le public a pu pendant 3 mois visiter l'expo-immersion en se promenant autour du lac.
A la fin des trois mois, j'ai démonté l'installation, récupéré les toiles, les pierres et bâtons en une heure de temps.
Les toiles ont ensuite été exposées à la galerie de Frédéric Altmann l'Art Marginal à Nice en 1976.
Un gros sac de pierres, galets, utilisés pendant l'expo-immersion, a été installé dans la vitrine.
On a fait exploser la vitrine en envoyant une grosse pierre dans la vitre !!


Bruno Mendonça.

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1977, 24 Heures d'écriture braille, Galerie Echanson, Bordeaux.

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août 1978, Echécothérapie
Série : Echécothérapie

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateur : Bruno Mendonça
août 1978 | , cabinet médical, Nice | Typologie lieu : commerce/entreprise/centre commercial

Intention :
Le concept d’ « Echécothérapie », soin par les échecs, est une approche thérapeutique qui sera prolongée dans deux maisons de repos à Pégomas, et dans un hôpital parisien pour détendre les jeunes patients. Ces données seront affinées tout au long de diverses interventions auprès d'aveugles, de jeunes autistes pour qui la danse à partir d'un jeu d'échecs a permis de se repositionner sur un plan social.
Bruno Mendonça.

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février 1979, Déterrement, soirée Le Mythe, Maison de le Jeunesse et de la culture de Magnan.

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Témoins : Frédéric Altmann, François Goalec, Jean Mas
février 1979 | Espace Magnan, MJC Magnan, Nice | Durée : 20 minutes | Typologie lieu : équipement culturel et sportif

Contexte : lors de la soirée Le Mythe organisée par Bruno Mendonça

Description :
J'ai pris une toile noire monochrome de grand format (100F), et l'ai déposée sur un chevalet. Une table avec des bougies pour tout éclairage me permettait de lire mes textes.

Enlevant mon chapeau et mon manteau noir, j'ai présenté au public plusieurs objets dont des récipients remplis de terre et de sable. 
Je me suis arrosé d'une bouteille d'eau, me suis déshabillé en maillot de bain et me suis renversé un sac de sciure sur tout le corps.

J'ai recouvert la toile en propulsant de la terre et du sable jetés avec énergie. J'ai marouflé la terre pour la faire rentrer dans toutes les infractuosités. Puis j'ai placé la toile par terre et me suis allongé dessus comme pour lui faire l'amour. J'ai cogné, frappé, écrasé la toile jusqu'à ce qu'elle soit déformée. Après, je me suis rhabillé, j'ai remis la toile verticalement, j'ai récupéré la terre et le sable dans un seau que j'ai déversé sur la table. J'ai allumé deux bougies. J'ai élevé à bout de bras un récipient contenant un morceau de la toile découpé, du sable et de la terre, comme le prêtre à l'église pendant l'eucharistie. J'ai alors lu mes propres textes pendant 10 minutes et la performance s'est achevée.....


Bruno Mendonça.

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1979, Flash Rouge, Centre culturel français du Zaïre.

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1979, Echécothérapie I, Galerie Calibre 33, Nice.
Série : Echécothérapie

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutants : 20 joueurs d'échecs , Bruno Mendonça | Organisateurs : Nice Alekine, CALIBRE 33 is it art ?, Bruno Mendonça | Témoins : Dominique Angel, Jean Mas, Serge III Oldenburg
1979 | CALIBRE 33 is it art ?, Nice | Durée : 3 heures | Typologie lieu : espace alternatif

Contexte : Prolongation de l'exposition personnelle de Bruno Mendonça à la Galerie CALIBRE 33 is it art ? à Nice.

Description :
Vingt joueurs de club et artistes ont été invités à jouer dans le cadre de la Galerie « CALIBRE 33 is it art ? », des parties d’échecs dans le cadre du concept d’« Echécothérapie ».
Les vingt joueurs ont joué leurs coups à chaque fois que j’arrivais devant eux, je répondais immédiatement et passais à mo adversaire suivant. Cela jusqu'à la fin des parties, soit par abandon, soit par mat, soit par répétition de trois fois la même position qui entraîne la nullité.
Les vingt parties ont été gagnées. Le caractère décontracté de la Galerie m’a conduit à élaborer certains aspects dans mon travail qui seront amplifiés jusqu’à aujourd’hui.
Affiner les conditions de jeu, jouer toujours avec les noirs, se plier au contraintes de jeu (temps, niveau de mes adversaires, nombre de participants...). Le plus grand nombre de joueurs rencontrés en même temps fut de 100 à Besançon en 1981.


Bruno Mendonça.

Intention :
Le concept d’« Echécothérapie », soin par les échecs, est une approche thérapeutique qui sera prolongée dans deux maisons de repos à Pégomas, et dans un hôpital parisien pour détendre les jeunes patients. Ces données seront affinées tout au long de diverses interventions auprès d'aveugles, de jeunes autistes pour qui la danse à partir d'un jeu d'échecs a permis de se repositionner sur un plan social.


Bruno Mendonça.

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1979, Avec N ou sans H, Festival Performances, Galerie Donguy, Paris.

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1980, Echécothérapie II, Chez Malabar et Cunégonde, Nice.
Série : Echécothérapie

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateur : Ben Vautier | Témoins : Jean Mas, Annie Vautier, Ben Vautier
1980 | chez Malabar et Cunégonde, domicile de Ben, jardin, Nice | Durée : 2 heures | Typologie lieu : atelier d'artiste/au domicile de

Contexte : Lors d'une soirée organisée par Ben Vautier.

Description :
Une vingtaine de jeux avaient été présentés sur des tables dans le jardin de Ben. Une grande échelle appuyée contre la plus haute fenêtre de sa maison, m’a permis, tout de cuir vêtu, de descendre de sa maison jusqu’au jardin, où une simultanée d’échecs a commencée.
Je me présente devant chaque joueur qui répond à mon coup précédent et je joue dans la seconde la réponse qui me semble la plus appropriée. Je fais le tour de tous les joueurs et reviens à la table 1 et recommence jusqu'à ce que chaque partie soit perdue ou nulle.

Intention :
Le concept d’ « Echécothérapie », soin par les échecs, est une approche thérapeutique qui sera prolongée dans deux maisons de repos à Pégomas, et dans un hôpital parisien pour détendre les jeunes patients. Ces données seront affinées tout au long de diverses interventions auprès d'aveugles, de jeunes autistes pour qui la danse à partir d'un jeu d'échecs a permis de se repositionner sur un plan social.


Bruno Mendonça.

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1980, Fil d'En Aira, Galerie Contre Sens, Le Cannet.

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateur : Galerie d'art Contre Sens, Le Cannet | Témoin : La Galerie Contre Sens
1980 | Contre Sens, Le Cannet | Durée : 35 minutes | Typologie lieu : galerie

Contexte : Lors d'une exposition personnelle à la galerie

Description :
Sur les murs de la galerie, son déposés des dizaines de petits masques en rhodoïd. Une chaise noire est disposée au centre de la galerie. Vêtu de noir, je commence à faire tomber les masques à coups de fouet. Les idoles et mythologies s'écrasent au sol comme des mouches, une fois les murs dénudés.
Je m'installe sur la chaise et noue l'extrémité d'une ficelle à l'un des barreaux.
Je ligature ensuite une de mes jambes au pied de la chaise. Je remonte jusqu'aux cuisses puis passe à la jambe suivante, fait le tour de la taille, puis coince le bras gauche dans la ficelle, continue le serrage jusqu'à la totalité du corps. 
Je me bascule sur la chaise d'avant en arrière, de plus en plus violemment jusqu'à tomber. Tel un insecte prisonnier d'un piège, je rampe pour me saisir d'un masque et le manger.


Bruno Mendonça.

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07 juin 1980, Des Roulements de l'écriture, Galerie d'Art contemporain des musées de Nice.

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutants : Bruno Mendonça, Marcel Pérès | Organisateurs : Galerie d'art contemporain des Musées de Nice (GAC), Bruno Mendonça | Témoins : Béatrice Heyligers, Marc Sanchez
07 juin 1980 | Galerie d'art contemporain des Musées de Nice (GAC), Nice | Durée : 12 heures | Typologie lieu : galeries municipales

Contexte : Pendant le vernissage de son exposition programmée lors de la manifestation " Attention Peinture Fraîche"

Description :
Une presse occupait le centre de la galerie... Des cordes partaient dans l'espace vers une installation où se situait Marvel Pérès, musicien. Avec son magnétophone à bandes et en jouant du piano, il interprétait les calligraphies que j'éxécutais au fur et à mesure sur un rouleau, à l'encre de Chine. Le public écoutait cette musique et découvrait les signes s'inventant. De 6h à 18h il n'y a pas eu de break. Le rouleau était progressivement accroché aux barres horizontales de la galerie. Les chutes blanches de massicot étaient suspendues dans l'espace autour de nous. La performance s'arrêta lors du début du vernissage à 18h.


Bruno Mendonça.

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1980, Les Pattes s'écrivent à point, Galerie Mixage, Caen.

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25 février 1981, A 3 grammes près

Concepteurs : Jean Bloch-Laroque, Suzanne Cotto, Bruno Mendonça | Exécutants : Jean Bloch-Laroque, Suzanne Cotto, Bruno Mendonça | Organisateurs : Jean Bloch-Laroque, Suzanne Cotto, Bruno Mendonça, Studio Le Terrain Vague
25 février 1984 | Studio Le Terrain Vague, Nice | Durée : 45 minutes | Typologie lieu : équipement culturel et sportif

Contexte : Soirée organisée par Le Terrain Vague et les trois participants.

Description :
Au Studio Danse, on avait tendu un filet à 2,5 mètres du sol. Le public était invité à s'allonger en dessous. Habillés en combinaison blanche, nous grimpons dans ce filet un par un. Nous nous y déplaçons tels des araignées sur une toile, laissant une partie du corps en apesanteur au dessus du public, bras, tête, jambes, sortant tels des tentacules de méduses.
Après cette prise en main de 5 minutes, nous descendons pour lancer la bande sonore confectionnée par nos soins à partir de divers éléments évoquant la ville de Nice. 
Nous faisons des séries de poiriers le long des murs, soit isolés soit groupés. La bande son diffuse avec force le bruit d'un gaz s'échappant. Nous commençons à nous effleurer, lentement, puis plus rapidement. Le principe de la Danse Contact Improvisation est de travailler sur le contact rapide, l’équilibre et le déséquilibre des partenaires donnant l’aspect dynamique.
Un échauffement de danse-contact-improvisation se réalise ainsi pendant 7 minutes pour déboucher sur une occupation de l'espace dans sa globalité. Les murs sont comme un quatrième partenaire. Le sol pouvant être une zone de contact et de rebond, nous réalisons des roulades et diverses figures comme une boule de chair inséparable. Nous progressons en fonction des sonorités et des musiques diffusées. La dynamique ralentit, s'accélère... Nous jouons avec nos têtes à pousser une boule suspendue au plafond. Nous amenons une armoire, que nous allons envahir sur le dessus, intérieurement, agitons les portes les faisant couiner, grincer, claquer. A un moment nous basculons l'armoire qui devient un "coffret ultime», nous nous en servons comme d’un autre corps... 
Une grosse boule suspendue à une corde est attachée au filet et nous jouons avec la tête, toutes les parties du corps sont associées à cette performance.

Nous terminons en improvisant dans tout l'espace du studio, en jouant avec le corps de certains spectateurs. Toute la dernière partie a été réalisée dans le silence, le rebond des corps renvoyant à la musique, des muscles et des nerfs tendus pour recevoir les chutes et renvoyer propulser l'autre dans "l'espace d'un Yves Klein".


Bruno Mendonça.

Intention :
La Danse Contact Improvisation, vient des Etats Unis, elle est introduite en France et en Europe à Besançon et Paris par Didier Sihol, Suzanne Cotto et Jean Bloch-Laroque. 
À 3 grammes près, c'était au studio de danse "Le Terrain Vague", avec Suzanne Cotto, Jean Bloch-Laroque. Ce sont deux danseurs que j'avais rencontrés à Pontarlier et qui faisaient de la danse-contact-improvisation. C'est un mouvement qui vient des Etats-Unis, que j'ai appris avec eux. En fait, c'est la notion d'équilibre et de déséquilibre par rapport à la danse, sauf qu'on travaille sans musique. Donc c'est l'écoute et la réception de l'autre. On joue un peu comme dans une partie de tennis, et la balle se serait une personne. C'est aussi la notion d'équilibre et déséquilibre avec le mur, avec le sol, avec le corps de l'autre. Tout est basé sur la souplesse, sur le rebond. C'est la notion d'acceptation de perte d'équilibre et de renvoi, de propulsion dans l'espace. Il y avait donc des terrains d'exploration tout à fait étonnants.

Donc à cette époque là on a travaillé sur l'identité niçoise, avec un côté un peu caustique. Nous avions notamment réussi à enregistrer le son d'une longue-vue à Robba Capeu qui racontait l'histoire du Comté. On a été assez durs avec les clichés sur les fonctionnaires de l'art, la bureaucratie... Ce qui m'intéressait c'était de travailler avec des gens qui n'étaient pas « à fond » dans l'art contemporain. Dans ce cas précis, ce sont des danseurs qui ont joué le jeu. On s'est régalé autant dans la réalisation que dans la préparation.


Bruno Mendonça.

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24 avril 1981, Les skis se détachent

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateurs : Jean-Claude Bisotto, Bruno Mendonça, MJC Gorbella | Témoin : Jean-Claude Bisotto
24 avril 1981 | MJC Gorbella, Nice | Durée : 20 minutes | Typologie lieu : équipement culturel et sportif

Contexte : lors de la soirée Performances organisée par Bruno Mendonça et la MJC Gorbella

Description :
Un mur de bidons d'huile d'olive vides de 2,50 sur 2 mètres est dressé et tenu en équilibre par du scotch large. Je suis vêtu d'une tenue de motard en cuir, avec des chaussures de skis équipés de rétroviseurs fixés sur le devant. Un casque équipé de caoutchouc me ceint la tête. Les caoutchoucs sont reliés aux skis. A chaque déplacement les extensions reliées au casque et skis tractent le corps de haut en bas.
Je traverse le mur de bidons qui s'écroule, j'enlève le casque, le blouson de cuir et les skis que je pose hors scène. Je saisis un rouleau de scotch, enlève tout tee shirt, et fixe cinq ou six bidons d'huile sur le pantalon de cuir avec le scotch. 
Je m'approche d'un micro sur perche, entrouvre un bidon nettoyé, rincé, et rempli d'eau. Je commence une série de gargarismes, plus ou moins graves. Ceci pendant deux ou trois minutes. 
Je prends ensuite des embouts de seringues de diabétique, les décapsule et les plante dans mon ventre. Comme un acupuncteur je dessine une carte sur mon corps. J'achève aussi un texte entre récitation et gargarismes.


Bruno Mendonça.

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27 avril 1981, 2 minutes 33 secondes

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateur : Théâtre de l'Artistique | Témoins : Christian Arthaud, Noël Dolla, Robert Erébo, Pierre Le Pillouër, Jean Mas, Katy Rémy, Ben Vautier.
27 avril 1981 | L'Artistique, Nice | Durée : 2:33 minutes | Typologie lieu : théâtre/café-théâtre/cinéma

Contexte : Lors de la soirée "2 minutes 33" organisée par le Théâtre de l'Artistique où la scène artistique niçoise était invitée à réalisée des pièces de 2minutes 33 secondes.

Description :
"Je suis passé parmi les derniers participants de la soirée. J'avais fait dresser une planche entre le sol et la scène arrimée à la scène. A l'époque l'allée centrale n'était pas remplie de sièges. J'enfourchai ma BMW 750cm3, descendais les marches du haut du théâtre, accélérais en seconde et troisième vitesse tout au long de l'allée centrale, rétrogradais en 1ère vitesse au niveau de la planche, et atterrissais sur scène, où je retourne rapidement la moto face au public, pleins feux, code, feu de route, warnings, klaxon, accélérateur, sont utilisés comme des éléments d’un micro-concert Fluxus, j’hurle des phrases qui se répètent, assourdies par les coups d’accélérateur. Je monte sur la selle de la moto, warnings clignotant.
Je saute de la moto, éteints le moteur, redescends la moto par la planche et ressors la moto par les escaliers de l’entrée du Théâtre.

 "
Bruno Mendonça.

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1981, Petit Bassiri, Festival Performance, Nice

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1981, Avec H ou sans N, Festival Performance, Pontarlier

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1981, Tension, Ecole des Beaux-Arts, Luminy, Marseille.

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mai 1982, Au tour des molécules, Galerie Catherine Issert, Saint-Paul.

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateurs : Jennifer Flay, Catherine Issert, Bruno Mendonça | Témoins : Christian Galzin, Jeanne Gérardin, François Goalec, France Paringaux, Jean-Pierre Paringaux, Vicky Remy, Anne-Marie Villeri
mai 1982 | Galerie Catherine Issert, Saint-Paul de Vence | Durée : 24 heures | Typologie lieu : galerie
Contexte : Performance organisée avec la Galerie Catherine Issert

Description :
Bâchage de la galerie sur tout son pourtour, des murs au sol avec du plastique transparent. Installation de 7 sculptures, une table de travail, un projecteur de diapositives peintes spécialement, des appareils à triturer le son et la couleur des lampes. J'installe également une sono, un magnétophone et une table de montage pour diffuser les 24 cassettes de bandes sonores réalisées spécialement pour accompagner cette performance de 24 heures non-stop. Une caméra complète ce dispositif.

Déplacements des sculptures qui, comme des momies, sont déposées au sol. Cette première étape préfigure un parcours qui sera effectué progressivement avec des dépôts de sable, de pierres, de cailloux, de pommes et d'objets qui retracent une "histoire naturelle" de la relation performance-corps-sculptures. Les interventions se font très lentement. Mise en place du spectre lumineux à l'aide des machines qui envoient les spots par intervalles. Projection de diapositives avec la première coupure à la tronçonneuse d'une sculpture en deux parties. Des pommes sont placées dans les alvéoles et les morceaux sont tournés sur eux-mêmes. Les 24 cassettes sont diffusées avec plus ou moins d'intensité pendant toute l'action. 
Au milieu de la nuit je travaille à la table à l'aide de peinture acrylique sur des formats de 110 x 75 cm et 65 x 50 cm. Je réalise une série de cellules, je peaufine certaines pièces pour leur donner un aspect organique réaliste. Une dizaine de pièces sont peintes. D'autres sont réalisées par des collages de divers papiers découpés à la main et non au ciseau. Je travaille jusqu'au matin, petit déjeuner dans la foulée.
Je retravaille avec de l'acrylique le parcours initial en repeignant certaines parties des sculptures débitées, et sur la bâche au sol qui ressemble à une vente d’un vide-grenier-mémoire. Je déroule des cassettes et contre-colle certains fragments des bobines sur certains fragments de sculptures. 
Je peins mes signes ABAQUES à la brosse n°10 avec une peinture noire, je recouvre l'espace de la galerie d'une foule de signes qui s'enchevêtrent. Une fois la galerie peinte, je prolonge avec la même peinture noire les signes sur le sol et sur les sculptures avec un pinceau plus petit.

J'observe au microscope des plaques préparées de mon sang, et de divers matériaux, que je reproduis d'une main et d'un œil sur le papier, le second restant rivé dans la matière des molécules. J'achève la performance à 18h, après 24 heures d'actions enchaînés.

Bruno Mendonça.

Description :
Divers ordinateurs à commande vocale ont été placés aux côtés d'appareils, travaillant le spectre de la lumière. Deux microscopes ont également été utilisés pour analyser des poussières et micro débris placés sous lamelles, ils ont servi à exécuter plusieurs peintures.
Des diapositives ont été créées pour la performance, de la peinture positionnée entre deux plaques de diapositives en verre et ont été projetées pendant la nuit.
20 bandes magnétiques avaient été enregistrées pendant un an et mixées sur une table de montage. Ces bandes ont été diffusées pendant la nuit et une partie du matin. Elles sont la compilation de la poésie enregistrée chez moi avec d’autres poètes, seules des contraintes formelles proches de la pratique de l’OU LI PO permettaient des variations, des métamorphoses des textes originaux. La musique contemporaine est associée à des collages urbains ou d’enregistrement de moto à travers le Sud de l’Europe. 
Sept sculptures en bois, toile, goudron et peintures acryliques ont été positionnées dans la galerie ; certaines ont été tronçonnées, d’autres repeintes. Elles sont toutes passées de la verticalité à l’horizontalité en passant par l’Oblique.
Un parcours au sol a été accompli avec la complicité du public, des signes (ABAQUES) ont été peints au sol et sur les murs pendant la nuit. Des pigments de couleurs ont été placés sur des zones de sensibilité ou usure due à l’emploi de divers papiers de verre et d’acier suédois. Le corps des sculptures a été déposé au sol sur des socles, d’autres parties ont été placées à l’extérieur de la galerie. 
Des aquarelles et acryliques ont été exécutés au petit matin, une dizaine d’œuvres furent réalisées sur Vélin d’Arches 110 x 70 cm.

Bruno Mendonça.

Intention :
Cette performance se voulait, le temps de 24 heures, le lieu de rencontres, d’actions, d’événements à caractère scientifique, linguistique, poétique et plastique où le corps réagissait à la durée, au rituel mis en place.
Elle est la prolongation d'une suite de performances qui exploraient l'espace, la relation entre poésie sonore et textes, sons, enregistrements, programmation des premiers ordinateurs à voix synthétique. Cette série a débutée dans la grotte de Saint-Jeannet en 1976 pendant 76 heures non stop. Peindre, écrire, déclamer dans le noir absolu et découvrir à la sortie le résultat de 9 dessins 65 x 50 cm et 10 peintures 15F. 9 heures d'enregistrement ont été effectuées. Cette performance s'inscrit dans le prolongement des événements que j'avais programmé de manière collective sur la Côte d'Azur.


Bruno Mendonça.

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Juin 1982, Permis en tous genres

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateur : Collège d'échanges contemporains | Témoins : Daniel Bizien, Catherine Issert, France Paringaux, Vicky Remy
juin 1982 | Ancien Couvent Royal, basilique, Saint-Maximin-la-Sainte-Baume | Durée : 6 heures | Typologie lieu : lieu patrimonial/lieu cultuel

Contexte : lors d'une exposition personnelle "Permis en tous genres"

Description :
Une structure en bois réalisée à partir des arcs boutant de la basilique avait été placée au centre, cordée et recouverte d'une bâche plastique. Des planches de chantier repeintes avaient été placées le long des murs. Plusieurs tables accueillaient des ordinateurs modifiant ma voix, des ordinateurs d'échecs parlant et des machines à projeter des diapositives. Tel un insecte recouvert de plastique très fin, je sortai progressivement de la structure en bois, avec des rythmes au micro, de plus en plus intenses jusqu'à la sortie de la structure. Avec des sangles, je portais des pains de glace qui étaient sculptés à même le corps en déplacement. Utilisation d'une moto BMW pour me déplacer entre les poutres, les parasols, les spectateurs. Poésie sonore combinée avec les ordinateurs, synthétisant la voix artificielle et la voix poussée dans l'aigu et le grave. Alternant des combinaisons blanches et noires, je jouais avec des machines qui dégageaient des odeurs acres et acides. Le corps était poussé jusqu'à la rupture : apnée, pratique en aveugle, allongé, rampant, escaladant.


Bruno Mendonça.

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Juin 1982, Petit Bassin

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateurs : Jean-Claude Bisotto, Bruno Mendonça, MJC Gorbella, Jean-Pierre Paringaux | Témoins : Jean-Claude Bisotto, Jean-Pierre Paringaux
juin 1982 | MJC Gorbella, Nice | Durée : 25 minutes | Typologie lieu : équipement culturel et sportif

Contexte : Lors du Festival de Performance Nice Gorbella, les Premières Rencontres de performances, du 14 au 20 juin 1982.

Description :
Une porte, avec ses gonds et sa structure, était présentée face au public, l'Amérique du Sud étant sculptée en relief et peinte en couleurs.
Un petit bassin était entièrement recouvert d'une bâche avec des signes Abaques, noirs peints sur la bâche avec une brosse n°10. Des ballons invisibles du public étaient présents sous cette bâche. Je me présente par la porte que je pousse et arrive face au petit bassin. Par deux ou trois inspirations je prends de l'air avant de rentrer sous la bâche, une pousuite me suit dans ma progression. Je fais crisser les ballons comme si cela était un concert sous-marin.

Je fais exploser certains ballons, et continue ma recherche des derniers ballons qui sont frottés contre le carrelage du bassin.
Une gamme de sons, étoufés par la bâche, est réalisée entre mon corps, le sol, la bâche.

Je ressors en nage, et ressors par la porte qui se referme par un claquement sec.


Bruno Mendonça.

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1982, Passages des Tournées, Centre d'Art contemporain, Montignac.

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1982, Polyphonix, Café de la Danse, Paris.

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mai 1983, Frères jumeaux
Série : Echécothérapie

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutants : Bruno Mendonça, Robert Roux | Organisateur : Galerie Remarque | Témoins : Raoul Hébréard, Pierre Tilman
mai 1983 | Galerie Remarque, Trans-en-Provence | Durée : 20 minutes | Typologie lieu : galerie

Contexte : Lors d'un vernissage à la Galerie Remarques, Trans en Provence.

Description :
Dans un jardin de Fréjus, nous avons, Robert Roux et moi-même, installé une table, deux chaises, une hache, deux bouteilles, un jerrican d’eau, deux bouchons et un jeu d’échecs sur un plateau. Une pendule d’échecs a été réglée sur 2 fois 5 minutes. 
Nous nous installons sur les chaises et commençons la partie. Elle se termine assez rapidement. La pendule est alors posée de côté, et nous nous dressons l’un en face de l’autre. Nous portons tout deux une paire de lunettes de plongée et balayons l’échiquier de ses pièces. Le combat chaise contre chaise se fait jusqu’à la destruction de celles-ci, la hache permettra de réduire les barreaux de chaise en lamelles pour que le tout puisse rentrer dans les bouteilles. Un peu de terre est ajouté, le tout étant complété par de l’eau, les deux bouchons assurant la fermeture. Deux cachets de cire seront ajoutés par la suite. On débarrasse le tout dans le jardin, et repartons avec la table et le reste de ce qu’il reste…


Bruno Mendonça.

Intention :
Le concept d’ « Echécothérapie », soin par les échecs, est une approche thérapeutique qui sera prolongée dans deux maisons de repos à Pégomas, et dans un hôpital parisien pour détendre les jeunes patients. Ces données seront affinées tout au long de diverses interventions auprès d'aveugles, de jeunes autistes pour qui la danse à partir d'un jeu d'échecs a permis de se repositionner sur un plan social.


Bruno Mendonça.

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1984, Terrain de boules, Lalinde.

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mai 1986, Architectures Neuronales
Série : Land art performance

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateur : Z'Editions | Témoin : Philippe Carbon
mai 1986 | Entrevaux | Durée : 2 heures | Typologie lieu : à la campagne

Contexte : Fin de la série des Architectures Neuronales

Description :
Les repérages faits en moto m'ont permis de choisir un hectare de colline où les arbres étaient absents; seuls les dénivellés permettent le repérage des versants exposés au soleil. Les pièces apparentées aux peaux tannées et au noyau des architectures neuronales (pierres, fragments de céramiques, fossiles), sont contrecollées sur des feuilles de Velin d'Arches et peintes, et s'y dessinent ainsi des architectures. A chaque angle vient une ficelle peinte avec des fragments de poésie en français, anglais, allemand, chinois, qui permettent de faire la connection entre chaque architecture.
Elles sont connectées avec du laiton.
A Entrevaux avec des sacs à dos, tel un nomade, j'ai déposé les architectures neuronales et les ai connectées ensemble sur les collines, l'herbe verte ou jaune renvoyant les couleurs et le graphisme des Architectures Neuronales: rouge, rose, noir et jaune. 
Chaque sac à dos était installé, pièce après pièce, jusqu'à la dernière pièce.
Les photos étaient réalisées au fur et à mesure des installations. Quatre sacs à dos ont été positionnés, selon la pente du terrain, la lumière, et les contrastes support et objet (terrain et Architecture Neuronale).


Bruno Mendonça

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janvier 1987, Troc and books
Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateur : Foire du livre de Toulon | Témoins : Cavana , Philippe Carbon
janvier 1987 | Foire du Livre, Toulon | Durée : 35 minutes | Typologie lieu : commerce/entreprise/centre commercial

Contexte : Foire du livre de Toulon

Description :
Equipé d'une valise remplie de livres moulés en plâtre, et peints en noir, je m'installais avec un micro pour troquer des livres, des moitiés de livres, en fonction des objets échangés avec les visiteurs.
J'avais été présenté par les organisateurs du Salon du Livre.

Les personnes arrivaient et font la queue comme pour une signature de livre, ils me proposaient des objets à troquer: lunettes, cassettes, écharpes, livres, objets divers. Appréciant la valeur de chaque objet, je leur proposais soit un livre, soit un demi-livre débité au ciseau à bois, repeignant le bord du livre découpé. Je signais avec une dédicace les livres ou les fragments de livres.
La discussion et le dialogue étaient amplifiés par le micro connecté à une sono.

La séance s'est faite sur un rythme soutenu, afin de rencontrer et discuter avec un maximum de personnes. 
La performance s'arrêta lors du troc du dernier livre.


Bruno Mendonça.

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1989, Colère

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateurs : Christian Arthaud, Le Jardin Littéraire, Caty Remy | Témoins : Christian Arthaud, Caty Remy
1989 | chez Caty Remy, Saint-Jean-Cap-Ferrat | Durée : 20 minutes | Typologie lieu : atelier d'artiste/au domicile de
Contexte : Lors d'une session du Jardin Littéraire et pour la parution de la revue du Jardin Littéraire

Description :
Habillé de noir, j'arrivais avec une série de toiles des années 1973-75. 
A l'aide d'une hâche, je débitais une à une les toiles, qui furent lacérées, détruites, explosées, chassis et toile.
Les morceaux furent mélangés, formant un tas, puis redistribués ou jetés dans le jardin.
Des cris intenses, à chaque destruction, étaient hurlés dans le geste.
Les morceaux pouvaient être déchirés à la main, de façon rapide.


Bruno Mendonça

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1991, Volcans, galerie du Chemin Vert à Paris.

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1991, Les choses d'équilibre, Cagliari, Sardaigne, Italie.

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1992, Arbre droit, Salon du Livre, Lisbonne, Portuj

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mai 1997, Fil d'Ariane

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateurs : Alexandre De La Salle, France Delville | Témoins : Alexandre De La Salle, France Delville
mai 1997 | Galerie Alexandre de la Salle, Saint-Paul de Vence | Durée : 12 minutes | Typologie lieu : galerie

Contexte : Lors de l'exposition de Bruno Mendonça

Description :
Une chaise blanche en bois peint, une grosse pelotte de chanvre à la main, j'arrive, m'assoie et parle à la caméra comme une poésie sonore. J'attache une extrémité de la ficelle à un barreau et commence à me ficeller jambe après jambe autour des pieds de la chaise, puis je remonte au niveau des hanches, me désarticule le plus possible, fais passer comme je le peux la ficelle autour du corps, et du dossier puis je m'attaque au bras gauche que je ligature serré, je poursuis autour du bras droit en m'aidant de la tête pour tenir la pelotte. Je termine en bloquant la main droite dans les cordages préalablement configurés. Fin de la performance.

Habillé en noir de la tête aux pieds.


Bruno Mendonça.

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1999, Echécothérapie VIII
Série : Echécothérapie

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateurs : Galerie La Station, Cédric Teisseire | Témoins : Serge III , Denis Castellas, Nathalie Lavarene, Cédric Teisseire, Jacques Turpin, Ben Vautier
1999 | La Station, Nice | Durée : 3,5 heures | Typologie lieu : espace alternatif

Contexte : Manifestation "La Fête de l'art" lors d'un vernissage à La Station.

Description :
Plusieurs artistes avaient installé leurs œuvres. J’avais demandé 4 tables pouvant accueillir pendant les 3h30, quarante joueurs. J'ai réalisé une simultanée d'échecs sur 40 échiquiers qui étaient installés sur les tables. Je tirais au sort la couleur de chaque joueur. 
Une mère et son fils dans un landau, Olivier Garcin avec son fils Milan jouent sur la même chaise. Ben Vautier, Denis Castellas, Serge III, Jean Mas et des joueurs de club se sont renouvelés pendant toute la performance. Les places étant limitées, ceux qui avaient terminé leur partie cédaient la place aux gens qui faisaient la queue pour prendre place sur un échiquier disponible. La circulation se faisait entre les stands, et les gens rentraient jeter un œil à tout ce « Brique à Braque ». Au final: 38 gains, 2 pertes sur 40 parties. Les adversaires ont parfois joué soit en couple contre moi, soit père-fils, soit mère-fille.

Bruno Mendonça

Intention :
Le concept d’ « Echécothérapie », soin par les échecs, est une approche thérapeutique qui sera prolongée dans deux maisons de repos à Pégomas, et dans un hôpital parisien pour détendre les jeunes patients. Ces données seront affinées tout au long de diverses interventions auprès d'aveugles, de jeunes autistes pour qui la danse à partir d'un jeu d'échecs a permis de se repositionner sur un plan social.


Bruno Mendonça

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2000, Chess earth game, Piotrkow Trybunalski, Pologne.

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2000, Tenere lupum, Galerie Alain Oudin, Paris

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2000, Tapis volant, Claz'ART, Paris

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2000, Klein d'oeil à Serge III, Galerie Donguy, Paris

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2002, Feu intérieur

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutants : Frédéric Lépée, Bruno Mendonça | Organisateurs : Frédéric Altmann, Frédéric Brandy, Christine Charles, Jacques Simonelli, Régine Simonelli | Témoins : Taride Bernard, Déna Sardet, Gérard Segalini
2002 | Musée de Carros, Carros | Durée : 2 heures | Typologie lieu : musée/fondation

Contexte : Dans le cadre de l'exposition de Bruno mendonça " Bibliothèques éphémères"

Description :
Création de plusieurs instruments réalisés au musée, à partir de tubes en acier, socles retournés, persiennes avec percussions, tubes de différentes sections d'électricité servant de cors, instrument australien auquel est incorporé un téléphone portable etc...

Equipé d'un micro sans fil, je débutais dans les WC du musée au RdC, en déversant plusieurs seaux d'eau dans les toilettes, pendant que le public photocopiait sa carte d'identité au 1er étage. Frédéric Lépée recevant tous les sons créés improvisait avec son ordinateur et ses guitares. Remontant au 1er étage, je jouais avec mes différents instruments sonores, percussions mais aussi avec les vibrations, les déplacements. Une cérémonie du thé avec 12 tubes face au public, permettait de faire progressser une grosse planche brute sur laquelle étaient placées les tasses de thé. Une plaque électrique avec une bouilloire, permettait grâce au capuchon de poursuivre le travail sonore. Le thé préparé était servi au public. Une boule fut réalisée avec les photocopies des pièces d'identité, des feuilles de journaux et des morceaux de ma combinaison de moto, arrachée et découpée. Le tout étant fixé avec du fil de fer.
Nous avons sorti deux crosses de hockey sur gazon et avons joué avec cette boule dans la salle où avait lieu la performance. La boule finit par imploser devant les coups de crosse violents et rapides. Des pages du journal "Le Monde" étaient froissées très fortement. Je déposai alors à l'oreille des enfants ces boules qui se défroissaient. Grâce au son amplifié le public pouvait entendre le déploiement du papier.


Bruno Mendonça.

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2002, Feu rouge

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutants : étudiante à l'Esra, Bruno Mendonça | Organisateurs : Esra, Garage 103, Olivier Garcin | Témoin : Olivier Garcin
2002 | Garage 103, Nice | Durée : 35 minutes | Typologie lieu : espace alternatif

Contexte : lors de la journée Performances organisée par Garage 103 et l'Esra

Description :
Accompagné d'une camérawoman, nous quittons le Garage 103 à 16h30 pour faire un tour de Nice et de ses environs en moto: St Pancrace, Cimiez, Rimiez... Je roulais vite, ayant un avion pour Paris à 18h15, la jeune étudiante équipée d'une caméra prenait des plans au ras du sol (caméra à bout de bras), au dessus (juchée sur les cale-pieds, debout, filmant par dessus), à gauche et à droite (déplacement de la caméra).
Le circuit dura 20 minutes. Je reposai la camérawoman au Garage 103, et rentrai dans la galerie où Olivier Garcin avait installé, au centre, de la terre, des pierres, en forme de cercle. Je fis le tour de cette structure, puis avec le pneu avant, fis une intrusion dans le cercle. Je mis la moto BMW 850R, sur béquille centrale, montai sur la selle, fis le tour de la moto en déséquilibre, allumai les warnings, les clignotants, les phares, fis des appels de phares sur le mur. Je descendis de la moto, remis le moteur en marche et traversai le cercle avec la moto, lentement.


Bruno Mendonça.

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2002, Boomerang, Centre régional le 19 à Montbéliard.

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2002, Troc and roque, Piotrkow Trybunalski, Pologne.

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2004, Techtonique des plaques, Pékin-Chine.

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mai 2005, En vol libre
Série : Echécothérapie

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutants : Karim Gabrillargues, Bruno Mendonça | Organisateurs : Espace Magnan, Olivier Garcin | Témoins : Eléonore Bak, Olivier Garcin, Ben Vautier
mai 2005 | Espace Magnan, MJC Magnan, Nice | Durée : 15 minutes | Typologie lieu : équipement culturel et sportif

Contexte : Soirée de performances avec catalogue

Description :
J'avais préparé deux pantalons qui étaient coupés tous les cinq centimètres sur le plan vertical jusqu'à hauteur de short, tenus par des élastiques. Trois ventilateurs étaient sur le devant de la scène dirigés vers nous, inactifs. Nous nous asseyons sur deux tabourets autour d'une table et d'un échiquier et d'une pendule d'échecs réglée sur 2 fois 5 minutes.
Musique de Philip Glass, pendant 3 minutes, la première partie se déroule rapidement.
Je me lève en enlevant au passage mon élastique et faisant signe à Karim (Gabrillargues) de faire de même. Je connecte les 3 ventilateurs. Le souffle soulève les bandes des pantalons. Nous poursuivons notre deuxième partie. Nous nous levonss, nous approchons des 3 ventilateurs; les bandes latérales se soulèvent pratiquement à l'horizontal. Reprise trente secondes de la bande son: enregistrement de baleines en train d'agoniser. Saluons le public.


Bruno Mendonça.

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03 novembre 2005, Cuvée Col Gates

Concepteurs : Bruno Mendonça, Frédérique Nalbandian | Exécutants : Bruno Mendonça, Frédérique Nalbandian | Organisateurs : Simone Dibo, Galerie Vision Future, Nice | Témoin : Simone Dibo-Cohen
03 novembre 2005 | Vision Future, Nice | Durée : 100 minutes | Typologie lieu : galerie

Contexte : Lors d'une soirée consacrée à cette performance.

Description :
Les deux intervenants sont équipés de combinaisons blanches et de collerettes pour chien de 60 centimètres de diamètre, attachées autour du cou de chaque artiste. L'une était remplie de popcorn pour Bruno Mendonça, et l'autre de bouchons orange d'oreille pour Frédérique Nalbandian.

Nous traversâmes le public pour arriver dans la salle. Au sol, une partition de musique de 2,50x 2,10 mètres, peinte en noir, les lignes des partitions étaient peintes sans notes.

Je lus un texte tandis que Frédérique proposa les bouchons orange aux spectateurs. Nous fîmes de la Danse Contact Improvisation sur la partition avec chacun une canne et un archet préparé. Nous nous comportions comme dans une danse et un combat avec les cannes qui scandaient le rythme. Puis Frédérique alla chercher une vingtaine de bouteilles en verre vides, attachées les unes aux autres et les disposa derrière la partition. Une lecture fut faite par mes soins, les textes et photos furent découpés au massicot et fixés sur la partition avec des pointes de tapissier et de marteaux. On réalisa un duo: chant, violon, Frédérique au violon, Bruno Mendonça assis sur une chaise, se brossant les dents avec une bouteille d'eau pour réaliser des gargarismes plus ou aigus.

On déversa du savon liquide sur la partition avec tout le corps, et le brassage des quatre mains fut très rapide. Une fois le savon recouvrant la partition, on remplit les bouteilles, de divers éléments, (savon, lacet, texte, plâtre, texte, clous etc.) Les bouteilles étant numérotées, signées de 1 à 25. Certaines furent badigeonnées de peinture et proposées aux spectateurs qui devaient saisir les bouteilles et signer de leur empreinte, la co-participation à la performance.

On redressa la partition, qui avait commencé à sécher, ce qui permit de la mettre verticalement.
Alex Paklavi et Déna sardet réalisèrent un film de la performance, Frédéric Paul.
Bruno Mendonça.

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2006, Socles
Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutants : Olympia Alberti, Bruno Mendonça | Organisateur : Sophie Brangante | Témoin : Jean-Pierre Jusnot
2006 | Théâtre de la Photographie et de l'Image, Nice | Durée : 1 heures | Typologie lieu : musée/fondation

Contexte : pendant le Printemps des Poètes

Description :
Une table, une série de socles blancs. Olympia Alberti lit un texte avec micro. Bruno Mendonça sort lentement de la droite où sont situés les socles. Avec de gros feutres il trace des noms qu'il a entendus dans les textes de la poétesse. Horizontalement, verticalement. Il grimpe sur les socles, écrit à l'envers, de la main gauche. Il redescend, débouche deux bouteilles de Perrier dans une bouilloire électrique, et confectionne du thé au Perrier. Il en propose un à Olympia et descend offrir les autres dans le public en escaladant les sièges. Il remonte sur scène, déploie un pliant rouge qu'il place à côté d'Olympia, qui change de texte. Bruno Mendonça sort alors des balles de golf qu'il recouvre de fragments de textes d'Olympia Alberti, avec de la colle blanche. Puis Olympia couvre les socles d'autres écritures, pendant que Bruno Mendonça lit un de ses textes. Ils positionnent les socles sur la table, Bruno Mendonça s'équipe d'un sac de couchage grâce à des tendeurs et d'une ceinture. Comme un kamikaze il s'infiltre dans les deux socles, Olympia fermant le sarcophage, lit encore un texte. Bruno Mendonça sort une minute plus tard monte sur la table et s'éventre avec un cutter. Le sac de couchage libère le duvet que Bruno Mendonça saisit et déploie comme un drapeau. Nous évacuons la table, chacun dispose un socle face au public, pose les balles de golf dessus et avec des clubs envoie les balles couvertes d'écritures dans le public.


Bruno Mendonça.

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2008, Pieds de fer
Série : Binôme
Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutants : Bob Lentz, Bruno Mendonça | Organisateur : Olivier Garcin
2008 | Garage 103, Nice | Durée : 10 minutes | Typologie lieu : espace alternatif

Contexte : soirée de performances organisée par Olivier Garcin au Garage 103

Description :
Bob et moi arrivons avec deux solides chaises en acier au centre de la scène où nous installons horizontalement un socle de 120 x 50 x 50 cm sur le sol.
Tranquillement nous enlevons nos chaussures, avec soin, enlevons une chaussette et plaçons nos deux jambes (gauches) sur le socle, nous enroulons un micro avec son cable autour de nos jambes, faisons plusieurs tours.
Nous saisissons nos chaussettes pour faire le tour du micro et le bloquer. Nous réalisons un "pied de fer" équivalent à un bras de fer avec nos jambes gauches.
Cela se transforme en une lutte immobile pour garder l'emprise sur l'autre, les chaises sont malmenées, la chute se présente plusieurs fois, mais ne se réalise jamais. Cela tourne à un combat de judo, mais assis, dans l'occupation de l'espace.
Le socle est déplacé, à plusieurs reprises, la partie est déclarée nulle par un accord réciproque. Nous nous denouons, remettons nos chaussettes, chaussures et saluons le public.


Bruno Mendonça

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24 mai 2008, Echécothérapie XI
Série : Echécothérapie

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutants : Bruno Mendonça, Joseph Mouton | Organisateur : Villa Arson - Centre national d'art contemporain
24 mai 2008 | Centre national d'art contemporain de la Villa Arson, Nice | Durée : 16 minutes | Typologie lieu : Villa Arson

Contexte : Soirée de clôture"Comprendo" de l'exposition "Ne pas jouer avec des choses mortes" (février-mai 2008)

Description :
Installation d'un jeu d'échecs avec deux parties de 2 fois cinq minutes.
Joseph et moi portons un bonnet de piscine et des lunettes de piscine sur les yeux.
Nous commençons les parties qui se finiront par 2 gains pour Bruno Mendonça (une partie avec les blancs, une autre avec les noirs).
 La chaleur de la salle où nous intervenions à certainement gêné Joseph Mouton, qui n'est pas habitué au port des lunettes de piscine, superposée aux siennes.


Bruno Mendonça.

Intention :
Le concept d’ « Echécothérapie », soin par les échecs, est une approche thérapeutique qui sera prolongée dans deux maisons de repos à Pégomas, et dans un hôpital parisien pour détendre les jeunes patients. Ces données seront affinées tout au long de diverses interventions auprès d'aveugles, de jeunes autistes pour qui la danse à partir d'un jeu d'échecs a permis de se repositionner sur un plan social.


Bruno Mendonça.

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18 juillet 2008, Improvisation sur contrebasse vivante
Série : Concert
Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutants : Géraldine Bloch, Bruno Mendonça | Organisateur : Ben | Témoin : Ben Vautier
18 juillet 2008 | chez Malabar et Cunégonde, dans le jardin de Annie et Ben Vautier, Nice | Durée : 15 minutes | Typologie lieu : atelier d'artiste/au domicile de

Contexte : Anniversaire de Ben Vautier

Description :
Equipé d'un archet avec un micro, nous sommes montés sur la petite scénette dans le jardin d'Annie et Ben (Vautier). J'avais demandé à Géraldine Bloch de porter un jean.

J'ai monté un fauteuil sur lequel Géraldine a pris place, j'ai saisi ses cheveux comme les cordes du manche d'une contre-basse, et fait glisser l'archet, puis je suis descendu avec l'archet sur ses chaussures, sur son pantalon en jeans.
J'ai enlevé le fauteuil permettant d'avoir plus de place et j'ai joué, dans des positions d'improvisation entre l'archet et son corps.
L'improvisation s'est achevée quand les zones de friction ont été explorées.


Bruno Mendonça.

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octobre 2008, Combinaison de Nomade
Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateurs : Dacchi ?, Jonathan ?, BMVR de Nice
octobre 2008 | Bibliothèque Louis Nucéra, Nice | Durée : 15 minutes | Typologie lieu : équipement culturel et sportif

Contexte : Après-midi de performances "Confluxus"

Description :
Equipé d'une paire de gants et d'une cominaison noire de moto, j'arrive sur scène, sans musique, ni image projettée. Je tiens dans un sac à dos, des journaux, dont je déploie les pages, et jette les boules fabriquées à partir de la compresssion du papier. Je les jette autour de moi. Je sors une ceinture bleue de moto que je place au centre (hommage aux Touareghs bleus) et pars dans le public, où je propose aux diverses personnes de me prêter une chaussure, une tennis, une sandale, je récupère six chaussures de femme et une chaussure d'homme. (méfiants! semble-t'il!). Je reviens sur scène, remplis la combinaison des journaux froissés par les jambes, par les bras, par le torse, j'intercale les chaussures (nomadisme en devenir) dans le magma global, où la sédentarité est mixée à l'aspect nomade.
Je déplois d'autres journaux, fixe une chaussure avec la ceinture bleue. Je verrouille la combinaison remplie des chaussures et journaux, récupère mon sac et quitte la scène en lançant: "I send you some informations from performing action in the world". Fin de l'intervention.
Je quitte la scène, et rendrais les chaussures après m'être changé.

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21 novembre 2008, Musée se vidant
Série : Echécothérapie

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutants : Sylvain Di Liberto, Bruno Mendonça | Organisateurs : Editions l'Ormaie, Yves Hughes, La Maison de la Poésie de Grasse | Témoins : Jacques Simonelli, Paule Stoppa
21 novembre 2008 | Maison de la Poésie, Grasse | Durée : 20 minutes | Typologie lieu : équipement culturel et sportif

Contexte : Soirée de poésie des Editions de l'Ormaie, Vence.

Description :
4 Textes sont lus assis sur une table noire, vêtu de noir. Le ton est sec, cassant, puis devient plus souple, pour le dernier texte. Sylvain (Di Liberto) et moi déplaçons deux gros fauteuils rouges en cuir et disposons la table perpendiculairement au public. Un jeu d'échecs est installé, l'horloge est réglée sur 6 minutes par joueur (lecture comprise). Les seize cases blanches occupant l'espace vide au début de parties, sont recouvertes de seize fragements d'une même poésie "Musée se vidant" et disposées de façon aléatoire. La saisie sur ordinateur avait été calculée pour obtenir des carrés de texte de 5 x 5 cm.
Le début de la performance avait commencé par une présentation des obligations à respecter:
1) A chaque arrivée d'une pièce ou d'un pion sur une case blanche, ou lors d'un échange sur case blanche, il y a obligation de lire, calmement, le fragment de texte sur son temps.
2) Toute pièce touchée doit être jouée.
Nous jouons une partie sicilienne E4-C5.
Treize lectures seront réalisées durant les douze minutes de la performance.

Je gagne au temps et gagne une pièce avant que son drapeau ne tombe.
Les seize fragments sont offerts au public.


Bruno Mendonça.

Intention :
Le concept d’ « Echécothérapie », soin par les échecs, est une approche thérapeutique qui sera prolongée dans deux maisons de repos à Pégomas, et dans un hôpital parisien pour détendre les jeunes patients. Ces données seront affinées tout au long de diverses interventions auprès d'aveugles, de jeunes autistes pour qui la danse à partir d'un jeu d'échecs a permis de se repositionner sur un plan social.


Bruno Mendonça.

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mars 2009, Lait - Laid

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateur : Galerie d'art Les Cyclades | Témoins : Gilbert Baud, Renaud Brandi
mars 2009 | Les Cyclades, Antibes | Durée : 20 minutes | Typologie lieu : galerie

Contexte : pendant une exposition organisée par Renaud Brandi: Monde Blanc

Description :
Bâchage d'un coin de la galerie où a lieu une exposition organisée par Renaud Brandi: Monde Blanc.
Bombage des deux mots clefs: Lait - Laid, sur la bâche.
Avec des packs de lait d'un litre, réalisation d'une phrase extraite d'un texte écrit pour la circonstance, qui sera enregistrée et diffusée pendant la performance. Des plaquettes de beurre seront les virgules, points de suspension, points de la phrase, déconstruite et reconstruite.
Ouverture des packs de lait qui seront déversés sur mon corps. Le beurre sera tartiné sur la poitrine avec des spatules et couteaux divers, le lait sera mélangé avec des oeuvfs et un shampoing sera effectué, idem sur le corps, métamorphose d'un corps lecteur, en corps Kafkaien.


Bruno Mendonça.

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10 mars 2009, Entre Parenthèses
Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateurs : Françoise Lemaire, Printemps des Poètes | Témoins : Sophie Braganti, Gilbert Casula, Alain Freixe, Yves Hugues, Raphaël Monticelli
10 mars 2009 | Médiathèque de Contes, Contes | Durée : 12 minutes | Typologie lieu : équipement culturel et sportif

Contexte : Printemps des poètes: En rire(s)

Description :
Les poètes alignés derrière une table, lisent leurs textes, les uns après les autres.
En quatrième position, et ayant travaillé avec les élèves sur la notion de parenthèse, j'avais récupéré et installé deux portemanteaux à gauche et à droite des poètes. J'ai lu trois textes et j'ai positionné sur la gauche et la droite de la table, sur deux montres et sur les textes de 2 auteurs.

Mon 2eme texte débutant, je positionne les 2 portemanteaux au centre de la table horizontalement, je reprends ma place, achève ma lecture avec une voix plus grave que pour la première lecture.
Le troisième texte débutant, je place les 2 portemanteaux entre notre table et les chaises du public.
J'achève la lecture de mon texte, la voix brisée, cassée, de manière volontaire. Je termine ma perf, en donnant le micro à la personne suivante et repositionne les 2 portemanteaux.

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Février 2010, Peau sous plomb
Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutants : Bruno Mendonça, Martin Miguel, Stefanie Sommerfeld
février 2010 | Galerie Depardieu, Nice | Durée : 1:30 heure | Typologie lieu : galerie

Contexte : dans le cadre de l'exposition de Bruno Mendonça à la Galerie Depardieu Arborisations

Description :
Martin Miguel et Stefanie Sommerfeld ont aidé Bruno Mendonça à déplier et préparer une feuille de plomb, au préalable brossée. Ils découpèrent dedans, chacun à l’aide de cisailles, deux pièces aux dimensions du corps de l’artiste, des pieds au col. Les deux pièces ont été martelées et jointées sur son corps en position allongée, l’enchâssant littéralement dans un costume de plomb. L’assemblage réalisé, les deux assistants ont relevé Bruno Mendonça, déséquilibré et lourdement happé par la gravité dans ce vêtement de 80 kg, poids qui venait s’ajouter à celui du corps de l’artiste.

Les notions d’équilibres, de contact et de double (par le biais du costume) sont des préoccupations qui émaillent la pratique de l’artiste, déjà présente dans ses expérimentations à base de danse contact improvisation. 

Une fois relevé, maintenu par ses acolytes et par Christian Depardieu, Bruno Mendonça a lu, bras tendu, contraint par son habit, un texte qui interrogeait toutes les notions suscitées. Martin Miguel pendant ce temps enduisait au doigt l’avant du costume de l’artiste de peinture blanche. 

L’action s’est déroulée sur une musique du groupe allemand Müller.

Intention :
Peau sous plomb



Creuser de la langue, outil décapant, abrasif des extrêmes

Entrouvrir le rire interne, le positionner, sur la plante

Des pieds, lui marcher dessus, en rituel saccadé, succès

Garanti. Mythe au logis par saccades convulsives,

Soubresaut des épaules, soulevant la grammaire latine

Comme une soupape intériorisée, terrorisée par les

Preuves. Marteaux, pince à tendre la peau, la toile sur nos

Squelettes de mats cramés, emboîtés comme les thermes

D’une version au ablatif et cubitus associés
.
Conjuguer le derme et le terne.

Associer le vide et la ride.

Malaxer le fond et le plomb.

Broyer menu le pigment à l’aimant.

Déglutir les vers et le cracher sur le verre.

Mâchonner lentement, suavement les mots déchiquetés

Par la langue d’acier, acte d’anthropophagie du texte.

Réduire le souffle au râle en thé de Chine, copeaux.

Sous peaux, Philippe émerge, récupère sa place dans la

Phase des nuits electro magnétiques.

L’André des Artistes a changé de titre : Le grand losange.

Les frictions internes des écoles ont cessé de nous

Interpeller : les collections, les collectifs, les collés serrés

Deviennent nos labyrinthes d’absinthe, au goût acide,

L’habit a affranchi le moine, l’appât rance se digère mal,

L’estomac fabrique notre littérature, la lecture s’effectue

Par le bout des doigts, le baille ment au noir, le tableau a

Cessé d’exister, il est devenu la plaque des goûts et des

Hors d’œuvres piétinés, patinés, peaufinés, le dégueuli

De nos cultures. La bouche filtrant l'air, les mots noircis

Sortant des aciéries, sont projetés dans l'œsophage en

Plis, en paquets, en bouchées formatées, la langue

Ne faisant plus office que de louper la gauche et la

Droite, l’anarchie sur nos cerveaux plissés, la matière

Gliale faisant D, à chaque manie pu l’action.

Laisse passe, liber, volumen, expiraction, devenant vitale

La décomposition devenant la primera materia de l'écrit

Qui se fluidifiant envahit la page, la plaque, la rage, la

Cage, où les lettrines et figurines comme dans l'ADN

Se conjuguent dans un aléatoire de voyage intérieur.



Bruno Mendonça.

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22 mai 2010, Mise en bataille à contes
Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutants : Virginie Blondel, Bruno Mendonça, Marita Occelli
22 mai 2010 | Médiathèque de Contes, fontaine sur la place de la médiathèque, Contes | Typologie lieu : équipement culturel et sportif

Description :
Dans et autour de la fontaine sur la place de la Médiathèque de contes. Bruno Mendonça assisté de Virginie Blondel et Marita Ocelli.


Autour de la fontaine, sont disposés trente poteaux métalliques d’une hauteur d’environ deux mètres coiffés chacun d’une bouteille de vin vide, transparente. Chaque bouteille porte une étiquette avec un portrait de Bruno Mendonça en blouson de motard et l’inscription « Mise en bataille à contes ».


Juché sur le rebord, il colore en rose l’eau de la fontaine. Il descend, produit du son avec les poteaux en les percutant avec une lime ou en les trainant sur le sol. Les bouteilles sont progressivement descendues et posées sur le rebord de la fontaine, tout autour, les poteaux sont dégagés. A l’aide d’entonnoirs, les trois protagonistes versent en peu de sable dans chaque bouteille puis y glissent un objet de forme longue, toujours différent (stylo, bâton, éclat de bois peint…). Bruno y fait couler un gel rose, chacun les remplit de l’eau de la fontaine, les bouche et les regroupe.


Pendant la durée de la performance, des enceintes diffusent des sons de liquide, d’électricité, d’orage, de souffle, de moteur.

 Chaque bouteille produite est numérotée de un à trente.

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24 juillet 2010, Numerus Clausus
Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateurs : Henri Baviera, Galerie Le Hangar, Draguignan | Témoins : Henri Baviera, Alain Freixe
24 juillet 2010 | Galerie Le Hangar, Draguignan | Durée : 15 minutes | Typologie lieu : galerie
Contexte : Lors de l'exposition de Henri Baviera

Description :
Arrivée dans une poubelle d’entreprise, verticalement poussé par Alain Freixe, nous parcourons la galerie, pour être déversé sur le sol. Je me relève lentement, pousse des chaises, pour être libre dans l’espace libéré, je lis plusieurs textes de Numerus Clausus, livre édité chez Henri Baviera Editeur. Une fois la lecture effectuée je repars avec la poubelle et le livre main gauche.


Bruno Mendonça.

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6 octobre 2010, Disque BMW

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateurs : Olivier Garcin, StArt | Témoins : Judith Kantor, Jean Kantor
6 octobre 2010 | Garage 103, Nice | Durée : 15 minutes | Typologie lieu : espace alternatif
Contexte : à l'occasion des 20 ans de l'Association StArt

Description :
Je récupère à l’extérieur ma moto BMW, et équipé de mon bonnet de piscine et de lunettes du même type, j’arrive dans le Garage 103 à vive allure, je gare la moto à l’intérieur, coupe le moteur, sors de mon Top Case un collier avec mousqueton, et un frein à disque démonté. J’installe des tubes de gaines électriques avec des cloches et des klaxons. J’en distribue une à Judith Kantor et une autre à son mari Jean. Je m’attache autour du cou le disque de frein avec une marge de 30 cm. Nous commençons un concert chamanique, je percute avec une baguette le disque suspendu à mon cou. Je me déplace le plus rapidement possible. Les deux autres intervenants sortent à l’extérieur du garage, je percute le sol avec le disque, jusqu’à la cassure de la ficelle. Je récupère le disque le fait tourner sur lui-même à grande vitesse, les deux intervenants continuant de jouer. Je saisi le disque et le propulse vers la sortie, il hésite, et va chuter deux mètres plus loin. 

FIN


Bruno Mendonça.

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6 novembre 2010, Libération des Nomades

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutant : Bruno Mendonça | Organisateurs : Médiathèque de Carros et Mairie de Carros, StArt | Témoins : Marcel Bataillard, Olivier Garcin
6 novembre 2010 | Médiathèque de Carros, Carros | Durée : 15 minutes | Typologie lieu : équipement culturel et sportif

Contexte : à l'occasion des 20 ans de l'Association StArt

Description :
Equipé d’une combinaison de pluie de motard, j’arrive avec un sac rempli de journaux : Libération, Le Monde… 
Je me positionne face au public, lentement, je me verse sur la tête recouverte d’un bonnet de piscine, le contenu du sac. Je rentre dans le public et récupère 6 chaussures gauches de femmes. Je reviens sur l’emplacement initial, déploie les journaux en boulette, qui sont placées en force dans ma combinaison dans les bras, les jambes, le dos, le ventre. J’alterne les chaussures qui déforment encore plus la forme globale du corps, de la silhouette qui grossit. 
Arrivant à saturation, les journaux ne permettent plus de se positionner à l’intérieur de la combinaison. Je me fixe un « Sandow » (tendeur) autour des chevilles. Me positionne le sac sur la tête, en le fermant, deux artistes (force de l’ordre) Marcel Bataillard et Olivier Garcin, viennent m’expulser rapidement en me tirant. 
Fin de la performance, restitution des chaussures après.


Bruno Mendonça.

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novembre 2010, Corps à Tronc

Concepteur : Bruno Mendonça | Exécutants : Bruno Mendonça, Monique Thibaudin | Organisateur : MUSEAAV, Nice
novembre 2010 | MUSEAAV, Nice | Durée : 8 minutes | Typologie lieu : musée/fondation

Contexte : Lors de l'exposition de Monique Thibaudin

Description :
Un bas de corps en plâtre est positionné dans une salle noire. J’arrive en béquilles, lentement, me place derrière le demi corps coupé à la hauteur du nombril, je positionne les deux béquilles sur le demi-corps, en équilibre. J’enlève mon T-shirt rouge, et l’enfile autour du demi-corps en forçant sur le bas du T-shirt. Monique Thibaudin arrive, équipée d’une bande élastomère. J’enlève mon pantalon, elle fait plusieurs fois le tour de mon corps, recouvre mon slip avec sa bande élastomère, sectionne sa bande, je remonte mon pantalon, récupère mon T-shirt, le remets, récupère les béquilles et repars d’un pas hésitant.


Bruno Mendonça.

Livre_des_bords_realisation_murielAnssens_1995