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Paul Gauguin

Son
histoire

NÉ LE 7 Juin 1848 MORT LE 8 Mai 1903
YEUX gris-verdâtre
TAILLE 1m63
DISTINCTIONS Marin, Trader, Inventeur de l'Ecole de Pont-Aven
 

Paul Gauguin est une telle légende que sa vie a donné naissance à plusieurs films : dans la "Vie Passionnée de Paul Gauguin", son personnage est campé par Anthony Quinn ; dans "Gauguin, Voyage de Tahiti", son visage s'incarne sous les traits de Vincent Cassel. Sorti en 2017, ce denier long métrage a créé la polémique, accusant les relations entretenues par un homme mûr avec de très jeunes vahinés.

Du coup, quel portrait de Paul Gauguin tracer aujourd'hui ?

Revenir aux sources, c'est d'abord considérer que celui que l'état civil nomme Eugène Henri Paul Gauguin mesure seulement 1,63 m.

Voilà donc pour la taille...

C'est, du reste, son livret militaire qui nous donne le signalement le plus précis : "Taille 1 m. 630. Poil châtain, yeux bruns, nez moyen, front haut, bouche moyenne, menton rond, visage ovale."

Retrouver sa physionomie, c'est aussi observer des photos et des autoportraits qui reflètent plusieurs réalités d'une même vie : selon un angle de vue, un âge, ou une interprétation artistique. Il en ressort cependant que son. nez est plutôt fort et ses yeux légèrement globuleux. Quant à leur couleur, ce sont les proches de Gauguin qui nous donnent les informations les plus exactes : gris-verdâtre.

A quelques nuances près, voilà pour l'apparence physique générale !

Le portrait psychologique de Paul Gauguin semble plus complexe à esquisser. Ne demeurent que les écrits : le journal de bord du peintre "Noa Noa" avec toute la prudence requise lorsqu'il s'agit d'un récit autobiographique ; les lettres et les témoignages des contemporains de l'artiste, Mette Gauguin ou Daniel de Monfreid en tête, avec toute la prise de distance utile pour contrebalancer une admiration sans borne ou une haine excessive.

Officiellement, Eugène Henri Paul Gauguin est né à Paris en 1848 au 56 rue Notre-Dame de Lorette. Après Marie, il est la deuxième enfant de Clovis Gauguin, journaliste au National ; sa mère se nomme Aline Chazal. Elle est la fille du graveur André Chazal et de Flora Tristan, une femme proche du Saint-Simonisme, auteur et activiste socialiste. André Chazal, accusé de relations incestueuses avec sa fille en 1837, puis disculpé, sera condamné pour homicide sur sa femme en 1838 et incarcéré jusqu'en 1856.

On doit à la grand-mère maternelle de Gauguin, descendante d'une famille noble péruvienne, une pétition pour demander l'abolition de la peine de mort - déjà ! - et la publication en 1838 des Pérégrinations d'une paria, récit d'un voyage en bateau jusqu'au Pérou.

Au final, tous les ingrédients psychologiques semblent réunis pour composer la personnalité du futur peintre.

Paul Gauguin, La Mère de l'artiste, 41 x 33. Portrait d'Aline Chazal (1825-1867) réalisé entre 1890 et 1893. Les traits physiques mis en avant ancrent sa mère dans ses origines péruviennes.

Les Premières années de Paul Gauguin

Né à Paris, les premières années de Paul Gauguin sont marquées sous le sceau du voyage. Clovis Gauguin et Aline larguent les amarres pour le Pérou dans l'espoir d'une vie meilleure. Quelque argent en poche, Clovis semble rêver d'y créer un journal. Pour Aline, c'est un retour aux sources du riche clan familial où sa mère a déjà tenté de se réfugier.

Les voyageurs quittent la France en 1851. Ce périple sonnera l'arrêt de mort de Clovis. Il meurt dans le détroit de Magellan d'une rupture d'anévrisme sans jamais avoir vu les côtes péruviennes.

Accueilli au sein du clan familial avec sa mère, le jeune Paul y restera à Lima jusqu'à ses 7 ans, laissant place aux confidences sur cette prime jeunesse à travers ses quelques lignes :

"J'ai une remarquable mémoire des yeux, et je me souviens de cette époque, de notre maison et d'un tas d'événements, du monument de la Présidence, de l'église, dont le dôme avait été placé après coup, tout sculpté en bois. Je vois encore notre petite négresse, celle qui doit, selon la règle, porter le petit tapis à l'église et sur lequel on prie. Je vois aussi notre domestique, le Chinois, qui savait si bien repasser le linge. C'est lui d'ailleurs lui qui me retrouva dans une épicerie où j'étais en train de sucer de la canne à sucre, assis entre deux barils de mélasse, tandis que ma mère éplorée me faisait chercher de tous les côtés. (...)

"Je vois encore notre rue, où les gallinacées venaient manger les immondices. C'est que Lima n'était pas ace qu'elle est aujourd'hui, une grande ville somptueuse. Quatre années s'écoulèrent ainsi, lorsqu'un beau jour des lettres pressantes arrivèrent de France. Il fallait revenir pour régler la succession de mon grand-père paternel. Ma mère, si peu pratique en affaires d'intérêts, revint en France à Orléans."

Nous sommes alors en 1855 et Paul Gauguin a tout juste 7 ans. L'âge de la scolarisation...

L'Appel de la liberté

Promis à l'Ecole Navale, Paul Gauguin est scolarisé à Orléans et entre à 11 ans au Petit Séminaire de la même ville avant d'effectuer une année de lycée en pensionnat. Pas de Royale pour Gauguin : le 7 décembre 1865, le voici pilotin dans la marine marchande, autrement dit "Mar Mar" à bord du Luzitano, navire qui fait la navette entre Le Havre et Rio de Janeiro.

Sa grand-mère avait raconté la naissance de son amour pour Chabrié, capitaine du bateau qui la conduisait au Pérou. Gauguin aura une aventure au Havre avant d'embarquer. Son prédécesseur lui remet une lettre pour une femme à Rio. Il écrira : « Cette charmante Aimée, malgré ses trente ans, était tout à fait jolie, première actrice dans les opéras d'Offenbach... Aimée fit cascader ma vertu. Le terrain était propice, sans doute, car je devins très polisson. Ce fut ensuite au tour d'une prussienne, simple passagère du Luzitano, d'être séduite dans la soute aux voiles.

Ce sera ensuite le tour du monde à bord du Chilli. Départ le 29 octobre 1966.

Pendant cette période "maritime" de Gauguin, sa mère quitte Orléans pour s'installer à Saint Cloud, entourée de quelques bribes du passé, "des vases péruviens et surtout pas mal de figurines en argent massif, tel qu'il sort de la mine". La déclaration de son décès par le collectionneur espagnol Jean Dominique Gustave Arosa atteste qu'elle est morte le 7 juillet 1867 au petit matin.

De retour à Toulon le 14 décembre 1867, encore mineur, Gauguin poursuit ses aventures dans la marine et est inscrit le 26 février 1868 sous le matricule n°1714 comme matelot de 3e classe à bord du croiseur Jérôme-Napoléon, d'abord comme soutier puis comme timonier.

Après la tempête, le repos...

Bye bye l'Océan... Intermède dans la vie de bohème et d'aventurier de Paul Gauguin. Sorti de la marine le 23 avril 1871, son certificat de bonne conduite en poche, il rejoint Paris.

Grâce à l'intervention de son tuteur Jean Dominique Gustave Arosa, il entre chez Paul Bertin et travaille à la bourse comme remisier, c'est-à-dire comme intermédiaire entre l'agent de change et le client. Autrement dit, il devient trader et vit alors au 15 rue La Bruyère.

Un moment d'opulence dans la vie de l'artiste qui lui permet de se marier en novembre 1873 avec Mette Sophie Gad, alors âgée de 22 ans et rencontrée à une fête. C'est également à cette époque que Gauguin, toujours grâce à Gustave Arosa, rencontre Emile Schuffenecker et Camille Pissarro. Son sauf conduit pour le monde de l'art.