Conférence-démonstration - 1967
Faculté des Lettres de Nanterre
200 avenue de la République
Amphthéâtre AC
92000 Nanterre
France
Principaux participants: Jean-Jacques Lebel, Michel Asso, Jean-Claude Bailly, Jacques Le Nahan, Olivier Meerson, Bernard Nexon, Étienne O'Leary, Pièces de: Michel Asso, George Brecht, Alison Knowles, Kosugi, Nam June Paik, Thomas Schmit, LaMonte Young.
Programme détaillé: Entrance de George Brecht
Composition 1960 n° 2 de LaMonte Young
Conférence de Jean-Jacques Lebel
Avec
Composition pour guitare de Michel Asso
Solo for string instrument de George Brecht
Zyklus R de Thomas Schmit
Composition 1960 n° 9 de LaMonte Young
Anima de Kosugi
Variation on proposition n° / d'Alison Knowles
Drip music de George Brecht
Solo für Violine de Nam June Paik
Escalade n° / de Michel Asso (février-avril 1966)
Exit de George Brecht
Invité par Henri Lefèvre à faire une conférence, Jean-Jacques Lebel va de nouveau subvertir le fonctionnement de l'institution en créant une situation critique qui amène le public à sortir de ses gonds, à ébranler ses certitudes quant à l'Éducation nationale et remettre en jeu ses croyances quant à la culture.
Ce happening Conférence-Démonstration a été réalisé selon le principe du collage composite, confrontant plusieurs actions hétéroclites de type Fluxus. Le compositeur Michel Asso, le cinéaste Étienne O'Leary, avec le concours de leurs amis Bailly, Le Nahan, et Meerson, n'ont pas hésité à mélanger leurs propres pièces à celles, déjà classiques, du répertoire Fluxus, ce qui transformera bien entendu la Conférence-Démonstration en explosion de délire collectif.
Exemple des « instructions» transmises à l'auditoire par Michel Asso: «Pendant Escalade n° 1, vous devez vous asseoir en position de yoga et improviser à votre place (ex.: retirer sa veste, échanger chaussures, cravates etc.).»
Donnée dans une langue imaginaire, cette Démonstration parodiait un cours magistral dans un style «bruitiste» inspiré de Harpo Marx et en même temps incitait à la révolte contre le conférencier lui-même et les musiciens. Nous sommes en février 1967, et parmi les étudiants se trouvaient Jean-Pierre Duteuil, Daniel Cohn-Bendit et d'autres membres du groupe des étudiants communistes-libertaires de Nanterre qui ont mordu à l'hameçon et jeté des pots de yaourt sur les intervenants. Bousculade assez rude. En apprenant que Jean-Jacques Lebel était lié au fondateur de la revue Noir et Rouge, Christian Lagant, par une amitié datant de 1958, les rires et les accolades ont remplacé les insultes et une réelle complicité est née entre les artistes (que les étudiants venaient de traiter de «connards») et les étudiants (que les artistes venaient de traiter de «minus»). Le mouvement du 22 mars allait naître, qui permettra à toutes ces énergies de se «fédérer» et faire la démonstration de leur complémentarité dans le champ social.