Paul Gauguin, la Baignade, 1887.
Exposition
Gratuit
Peinture
Sculpture

Exposition de Paul Gauguin Paul Gauguin

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Boussod, Valadon & Cie
19 Boulevard Montmartre
75002 Paris
France

Comment s'y rendre ?

En ce début d'année 1888 (mais peut-être déjà fin 1887), Paul Gauguin obtient pour la première fois une exposition que l'on pourrait qualifier de solo même si elle présente également des pièces de Camille Pissarro et d'Armand Guillaumin. Elle se tient dans l'entresol de la maison Boussod et Valadon, c'est-à-dire, anciennement la maison Le Goupil, connue pour la commercialisation de gravures et d'estampes.

Dans les deux petites salles réservées à l'exposition sont présentés un ensemble de grés sur des socles. Sur les murs s'expose un ensemble de peintures dont la Baignade.

Cette exposition doit beaucoup à Théo Van Gogh qui assure la direction des lieux et qui sur les recommandations de son frère Vincent, apporte de l'aide à Gauguin,  tout juste rentré de Panama, touché par le paludisme et la dysenterie.

Dans son compte rendu d'exposition, F. Fénéon réserve un chapitre "Vitrines des marchands de tableaux" à la rubrique Calendrier de janvier 1888 dans la Revue Indépendante. Il écrit au sujet de l'exposition : "Chez Van Gogh (maison Boussod et Valadon, boulevard Montmartre) et dans les salles du premier étage, car les murs de rez-de-chaussée s'imbriquent de vignettes d'une liquidation aisée (...). Outre les Baigneuses (1883à, n°53 de la VIIIe  exposition impressionniste et les Petits Baigneurs (1886), M. Paul Gauguin, dont le style sans s'éclaircir ni s'alléger acquiert une virile éloquence de lignes, montre un ample paysage breton. A en modeler la configuration mamelle s'évertuèrent ses habituelles qualités de sculpteur ; la toile comme certains Corot, porte une double signature et deux millésimes (1885, 1886). D'un voyage aux Antilles (1887), il ramène un paysage martiniquais qui, - avec son taillis rose, son touffu arbre médian sous lequel s'assoupissent des femmes, son chemin ocre aux noirs portant des mannes, - suscite les anciennes gravures d'illustration sur les îles ; entre les verdures pesantes, la clameur rouge d'un toit, comme en tout Gauguin authentique. De caractère barbare et atrabilaire, peu atmosphériques, coloriés par touches diagonales tombant en averse de droite à gauche, ces fiers tableaux sommeraient l'oeuvre de M. Paul Gauguin si ce grièche artiste n'était surtout un potier. Le grès honni, néfaste et dur, il l'aime : faces hagardes, aux larges glabelles, aux minimes yeux bridés, au nez camard, - deux vases ; un troisième : tête de royal macrobe, quelque Atahaullpa qu'on dépossède, la bouche déchirée en gouffre ; deux autres d'une géométrie anormale et gobine."