Rapin

Le mot rapin appartient au vocabulaire du 19e siècle, à une époque où les ateliers se multiplient. Un rapin désigne un apprenti peintre, sans cesse sollicité par les élèves du maître.

Délécluze nous livre les souvenirs du fonctionnement de l'atelier de Louis David : "On désigne par ce nom, dans les ateliers de peinture, les élèves que ne font encore que copier d'après les dessins, et ceux même qui dessinent d'après le relief, c'est-à-dire d'après les statues moulées en plâtre. Par extension, et un sens épigrammatique, on l'applique aux élèves déjà avancés dans la pratique de leur art, maix auxquels on ne reconnaît ni dispositions ni talent.

Le rapin, il faut le croire, est libre et heureux aujourd'hui (...). Le rapin était une espèce de vassal, d'esclave même, soumis aux volontés et à tous les caprices de celui de ses camarades qui, qui plus âgés que lui et déjà eu l'honneur de se servir de la palette et de l'appui-main, se faisait servir par l'apprenti-artiste et le battait à l'occasion, quand ledit rapin était récalcitrant ou s'acquittait mal des commissions dont son tyran l'avait chargé."