Académie Atelier Paul Delaroche

Ancien élève de Antoine-Jean Gros, Paul Delaroche ouvre son atelier privé à Paris en 1835 rue de la Tour des Dames. Cet espace de formation est un des plus célèbres de l'époque et accueille de nombreux artistes. Proche du phalanstère artistique et donc de l'autogestion, l'atelier fait fi des hiérarchies, permettant notamment l'apparition du groupe des Néo-Grecs.

La vie des rapins qui composent l'atelier autour du massier appelé "le Père Poisson" est tumultueuse : se moquer d'un voisin ou s'emparer de la monture du garde municipal sont quelques-unes des plaisanteries menées les élèves indisciplinés qui forment l'atelier. Frasques qui, parfois tournent mal comme lors d'un faux duel à Charenton qui se termina par le véritable décès d'un des protagonistes. Cette affaire ne manqua pas de déboucher sur une enquête de police innocentant à la fois l'atelier et le comte de Noé dit Cham, à l'origine d'un bizutage malheureux. Cet événement aura aussi pour conséquence la fermeture de l'atelier.

Paul Delaroche renonce alors à enseigner et entame un voyage pour l'Italie. Les élèves de Delaroche se répartissant entre l'Académie Atelier Charles Gleyre, l'Atelier Drolling et l'Atelier François-Édouard Picot. Paul Delaroche reprendra un peu plus tard son enseignement à son domicile avec un nombre très restreint d'élèves.

Ensemble de portraits des élèves de l'atelier Paul Delaroche

Textes fondateurs: 

Cham, sa vie son oeuvre.
Une des charges de l'atelier Delaroche eut un retentissement considérable, et nous tenons à la raconter dans tous ses détails, parce que Cham y fut directement mêlé, et surtout parce que cette plaisanterie, présentée sous un jour inexact, a, fort à tort, servi de base à quelques critiques malveillantes à l'adresse du célèbre caricaturiste. Au nombre des élèves qui entrèrent à l'atelier de Paul Delaroche pendant que Cham en faisait partie, se trouvait elle fils d'un brasseur du Nord qui avait été présenté au maître par son père avec cette observation flatteuse qu'il n'était bon qu'à faire un peintre. Le nouveau venu se posa tout de suite comme un excentrique, ne doutant de rien, montrant un aplomb excessif et avec des allures tapageuses, voulant défier et provoquer tout le monde. On comprend qu'i ne tarda pas à devenir le jouet de l'atelier. Un jour, il défia Cham aux jeux d'esprit, et Cham, voulant rire, feignit d'être offensé et lui dit avec son calme imperturbable : - Savez-vous que vous vous adressez à un ancien capitaine de chasseurs ? Vous me rendrez raison. Le duel fut décidé, duel pour rire, cela va sans dire, et pour qu'il n'y eût pas le moindre doute, on choisit Charenton pour lieu de combat. Mais le provocateur croyait à une affaire sérieuse. Cependant, combattants, témoins et camarades arrivent à Charenton. On descend dans un de ces restaurants où l'on va d'habitude faire les repas de noces ; et, comme il s'agissait d'une plaisanterie, on commande d'avance le déjeuner. Puis on sort, soi-disant pour chercher un endroit favorable au combat. On enfile plusieurs petites ruelles. Arrivés dans un passage isolé, les témoins s'arrêtent est déclarent qu'on sera là parfaitement pour s'aligner. Le nouveau venu, qui avait gardé l'espoir que l'affaire s'arrangerait, s'approche de Cham et lui dit un peu troublé : - Mais enfin, est-ce que nous allons décidément nous battre ? - Certainement, dit Cham ; mais vous me paraissez ému ; je comprends, c'est parce que vous n'avez pas déjeuné. aLlons nous mettre à table, nous nous battrons ensuite. Ce qui fut dit fut fait. On serra les armes, et l'on rentra gaiement à l'auberge de campagne pour faire honneur au déjeuner. Le fils du brasseur était si satisfait de ce dénouement qu'il manifesta une gaieté extraordinaire, et, pour commencer, voulut prendre la jeune femme de l'aubergiste par la taille, l'appelant madame Grégoire. Le mari se fâcha, et, sans l'intervention des jeunes artistes, aurait administré une correction au jeune rapin. Enfin la querelle s'apaisa, et l'on festoya joyeusement. Puis on reprit la route de Paris. En chemin, le nouveau ne voulant pas perdre le bénéfice des émotions qu'il avait éprouvées, demanda aux camarades qui avaient fait partie de l'expédition de laisser croire aux autres élèves restés à Paris que le duel avait été sérieux, qu'il s'était réellement battu avec Cham, et même que lui, le nouveau, avait été blessé. Pour ajouter plus de vraisemblance à cette version, on lui mit le bras en écharpe ; et c'est dans cet état qu'il faut sa rentrée dans l'atelier. Un jour, Paul Delaroche, qui avait pour ses élèves beaucoup de sollicitude, annonça que le nouveau venu était malade. Plusieurs de ses camarades, et Cham en tête, se rendent, à la fin de la journée, à l'hôtel qu'il habitait. On leur dit qu'il avait été transporté à l'hospice Dubois. Comme il était trop tard pour être reçus le soir même à l'hospice, les amis du jeune artiste remirent leur visite au lendemain. Lorsqu'ils se présentèrent, on leur annonça qu'il venait de mourir. L'affaire fit beaucoup de bruit ; une instruction judiciaire fut ouverte, et il fut absolument démontré que ce jeune homme, qui, depuis son arrivée à Paris, menait une existence joyeuse, avait succombé à une inflammation d'entrailles causée par l'abus de boissons alcooliques et d'autres excès. Son père, qui, lui aussi, avait fait une enquête, fut le premier à reconnaître que son fils était mort des suites de son intempérance et de sa vie désordonnée. On voit que le duel apocryphe de Charenton était complètement étranger à cette catastrophe, et que ce pauvre Cham, pas plus que ses camarades, ne saurait être rendu responsable du malheur arrivé au fils du brasseur.

Artistes associés: 

Hippolyte Benjamin Adam, Moritz Adler, Marie Alexandre Alophe dit Menut, Auguste Anastasi, Alphonse Angelin, Jean Pierre Alexandre Antigna, Alfred Arago, Louis Aristide, Edward Armitage, Jean Ernest Aubert, Casimir victor Alexandre Balthasar, Thomas de Barbarin, Jean Auguste Bard, Albert Désiré Barré, Amédée Baumes, Edmond Bécar, Henri Beltz, Charles Béranger, Joh-Bapt Berdellé, Charles Jean Baptiste Besson, Léon Marie Billardet, Célestin Joseph Blanc, Alfred Boisseau, François Ignace Bonhomme, Georges Adelmard Bouet, Gustave Clarence Rodolphe Boulanger, Louis-Gabriel Bourbon-Leblanc, Friedrich Bouterwek, Charles Auguste Bouvier, Louis Pascal Breton, Guillaume Etienne André Brossard, Joseph Brue Brunard, Eugène Ferdinand Buttura, Henri Joseph Armand Cambon, Alexandre Aimé Cardon, John Carlin, Michel Carré, Pierre Jules Cavelier, Amédée Charles Henri comte de Noé dit Cham, Emmanuel Costa, Hippolyte Coté, Thomas Couture, Alphonse Croneau, Eyre Crow, Eugène Jean Damery, Charles François Daubigny, Henri Delaborde, Adolphe Julien Deligne, Charles Jacques Denizard, Alexandre Dominique Denuelle, Léopold Desbrosses, Laurent Olivier Detouche, Jean Armand Devauchelle, Louis Devedeux, Louis Théodore Devilly, Valentin Louis Doutreleau, Prosper Hilaire Dubien, Edouard Dubufé, Alexandre Henry Dufresne, Ernest Dupont, Léon Dussart, Jules Alexandre Duval Le Camus, Louis Clément Faller, Emile César Fauron, Jean Daniel Favas, Jules georges Ferrand, Emile Antoine Ferrière, Jacques Eugène Feyen, Benjamin Eugène Fichel, Georges Alexandre Fischer, Eugène Jacques Marie Flamet, Alfred Charles Foulogne, Jules Marc François Frapparz, Pierre Edouard Frère, Louis Gallait, Camille Auguste Gastine, Auguste Gendron, Joseph Gerbaulet, Jean-Léon Gérôme, L.-M.-Honoré Gibert, François Théophile Etienne Gide, Régis Gignoux, Charles Ginoux, Alfred Gobert, Jules Goddé, Charles Gomien, Adolphe François Gosset, Louis-Charles-Adolphe Gourmer, Louis-Joseph Grisée, Eugène-Charles-François Guérard, Charles-Joseph Guernier, Charles-Michel Guilbert d'Anelle, Louis-Mathieu-Didier Guillaume, Auguste Hadamard, Jean-Louis Hamon, Guillaume Haussoullier dit William, Auguste-Antoine-Ernest Hébert, Pierre-Edmond-Alexandre Hédouin, Charles Hoguet, Anne Louis Félix de Hullin Boischevallier, Louis Eugène Huot, Alphonse Isambert, Henri Alfred Jacquemart, Charles-François Jalabert, Eugène-Claude Jandelle, Félix Jobbé-Duval, Clotilde Juillerat, Pierre Antoine Labouchère, Emile Jacques Lafon, Jean Baptiste Adolphe Lafosse, Louis Lambert, Charles Landelle, Gustave Lasalle ou Lassale-Bordes, Pierre Charles Clément Latoison-Duval, Auguste Laugier, Jules Laurens, Félix Laurent, Charles Dubois de Laverne, Auguste Lebouys, Gustave Le Gray, Eugène Lejeune, Auguste Charles Lemoine, François Joseph Aimé de Lemud, Prudent Louis Leray, Alexandre Leroux, Henri Le Secq, Joseph Léon Rolland de Lestang-Parade, Didier Alphonse Lhuillier, François Emile Loizeau, Charles Antoine Joseph Loyeux, Charles Lucy, Paul Malençon, Auguste Marc, Louis Alexandre Marolle, Frédéric Wilhelm Martersteig, Alphonse Martinet, Jules Massé, Bénédict Masson, Henry Edouard Massy, Armand Constant Mélicourt, Mélicourt-Lefebvre, Joseph Melin, Jules Joseph Meynier, Jean François Millet, Henri Antoine Léopold de Moulignon, François Henri Nazon, Charles Nègre, Paul Nicod, Gustave Joseph Noël, Arthur Onslow, Léon Auguste Ottin, August Friedrich Pecht, Emile Perrin, Philastre, Emile Philip, Henri Pierre Picou, Charles-François Pinot, Antoine Piot, Victor Florence Pollet, Rafaello Pontremoli, Jean-François Portaels, Hippolyte Adrien Demetrius Prevost-Dumarchais, Hippolyte Prudhomme, Basile Quesnel, Hippolyte Ravergie, Joseph Raymondi, Victor Jacques Renault des Graviers, Charles Louis Ribera, Joseph Richaud, Auguste Charles Richler, Sophie Rochard (née Bresson), Scipion Rolland, Abbé Pierre Auguste Rougier, Louis Roux, Jules Charles Rozier, Robert de Saint-Amand, Paul de Saint-Martin, Paul Narcisse Salières, Jules Salles, Pierre Louis Renaud Salzard, Charles Marie de Sarcus, J.-Théophile Schuler, Gaston de Segur, Henri Sieurac, Karlo Konstantin Henrich Steffek, François Germain Léopold Tabar, Pierre Louis Alexandre Abel Terral, Emmanuel Henri François Thomas de Barbarin, Jules Louis Tinthoin,Jean Baptiste Ange Tissier, Joseph Charles Adrien Valette, Armand Tranquille Vastin, Alexandre René Véron, Henriette Véron, Jacques Théodore Véron, Jules Jean Vialle, Jules Louis Joseph Vibert, Vincent Vidal, Nicolas Victor Vilain, Edouard Walter, Julius Weyde, Eugène Wormser, Adolphe Yvon, Heinrich Wilhelm Zimmermann,

Artistes à rapprocher: 

Charles Gleyre, baron Antoine Jean Gros, François-Édouard Picot, Horace Vernet.

Courant, mouvement, lieu à rapprocher: 

Académie Atelier Charles Gleyre, Académie Atelier Michel-Martin Drölling, Académie Atelier François-Édouard Picot, groupe des Néo-Grecs